Документи Делегації УНР у Парижі французькою мовою, 1921, 110 арк.

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Назва фонду
Перейменування: 05.12.1918 -(1920 р.) Канцелярія Директорії Української Народної Республіки, м. Київ, м. Кам'янець-Подільський, територія Польщі, Чехословаччина.
Анотація
1919 Юридичний відділ; 1919 Керування справами; 1918-1923 Загальний відділ; 1920-1924 Юридичний відділ; 1919-1922 Інформаційний відділ; 1920-1921 Фінансовий відділ; 1921-1923 Фінансово- господарський відділ
Історична довідка
Перейменування: 05.12.1918 -(1920 р.) Канцелярія Директорії Української Народної Республіки, м. Київ, м. Кам'янець-Подільський, територія Польщі, Чехословаччина.
Назва справи
Документи Делегації УНР у Парижі французькою мовою, 1921, 110 арк.
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Розпізнаний текст

ЦЕНТРАЛЬНЫЙ ДЕРЖАВНИЙ АРХІВ Міністерства Радянської і Соціалістичної Будівництва МВС УРСР м. Харків 14298 2 168 КАНЦЕЛЯРІЯ ДИРЕКТОРІЇ УКРАЇНСЬКОЇ НАРОДНОЇ РЕСПУБЛІКИ Документи на іноземній мові. КАНЦЕЛЯРІЯ ДИРЕКТОРІЇ. УНР НАРЯД Документи Відділу про Уповноваженій мови 1921 р. Початий 192 р. Закінчений 192 р. ЦЕНТРАЛЬНИЙ ДЕРЖАВНИЙ АРХІВ ОБ'ЄДНАНОЇ РЕВОЛЮЦІЇ І СОЦІАЛІСТИЧНОГО БУДІВНИЦТВА, МНС УРСР у Харківі 180/1929 б/н 2 ОДБХ 158 До Пана Голови Ради Народніх Міністрів. До Пана Голови Ради Республіки. З наказу ПАНА ГОЛОВИ ДИРЕКТОРІЇ, маю за честь надіслати при цьому копію телеграми від п.Міністра Закордонних Справ Ніковського з Від- ня з 23/II ц.р., для відома. Луцьовий (ср) Керуючий Справами Криштальський (ср) Начальник Канцелярії Telegraf Państwowy Blankietu № 50 Przewodnika № Канцелярия Директора Otrzymany dn. 24/12 od dnia 192 r. o godz. 11 min. ВУЧ - 367 Podpis urzędnika TELEGRAM. 296 oberotaman petlura tarnow = s wien 54; -1353 23 24/2 4.-40 n = dn. / godz. min. Uwagi służbowe. budu u widni do poniedilka korysna prysutnistj salikowskoho i koły maschno sadowskoho ta pilyptschuka dla wyjasnennia widnosyn oboch rad = nikowskyj + Koriso Ferovi, Pogu Kertoyd - i Mleustpy 25/12 1923 Zarząd Telegrafów nie przyjmuje odpowiedzialności, wynikłej z późnego nia telegramów. Nagłówek telegramu przyjęty z aparatu drukowanemi czcionkami oznac 2) numer telegramu, 3) ilość słów, 4) dzień nadania, 5) godzinę i minutę na M P. I T 1010 - VII, 919. - 8.000.000. DÉLÉGATION DE LA RÉPUBLIQUE UKRAINIENNE 37, RUE LA PÉROUSE TÉL.: PASSY 33-87 12 Avril 1921 PARIS, LE ………………………………………… 1919 A Son Excellence: Monsieur Aristide DRIAND, Président du Conseil des Ministres MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES Excellence, J'ai l'honneur de vous soumettre ce qui suit: Le journal " Le Temps " a publié dans son numéro du 10 Avril une communication d'un certain Markotoune, qui se dit le " président d'un Comité National Ukrainien ". Cette com- munication formule sur mon gouvernement des calomnies aux- quelles je suis obligé d'opposer le démenti le plus catégo- rique. Monsieur Markotoune prétend que l'Ataman en chef Pet- lioura prépare une action militaire antibolchevique sur le sol polonais. J'affirme que ce renseignement est absolument faux. Notre Gouvernement et Simon Petlioura ayant reçu l'hos- pitalité de notre glorieuse amie et alliée sur les champs de bataille de 1920, ne violeront jamais les lois qu'une telle hospitalité impose. Celles de nos troupes régulières qui n'ont pas pu se joindre à nos insurgés nationaux ont été déformées par la Pologne sur le sol de laquelle ils demeurent dans des camps de concentration au même titre que les réfugiés civils. La Pologne se borne à fournir, à nourrir ces malheureux, et, ce faisant, elle ne contrevient à aucune des clauses de ses engagements avec la Russie des Soviets. - 2 - Je crois de ma dignité de ne tenir aucune compte des autres allégations de Mr. Markotoune qui prétend, par exemple, que Simon Petlioura a été "classé par son peuple", alors que tout le monde sait que si ce chef héroïque a quitté le sol natal, c'est frute de munition et, notamment, de cartouches, et, c'est la ruée énorme de l'armée russe des Soviétas qui s'est vue que toute entière portée en Ukraine après les préliminaires de Riga et le chut. de Wrangel. En ce qui concerne le popularité de Petlioura, je ne citerai que ce fait: les Moscovites appellent "Petliourovtsy" (c'est-à-dire "partisans de Petlioura") tous les ukrainiens patriotes insurgés au nom desquels ose parler Mr. Markotoune. De ce dernier, je ne dirai, en terminant, qu'une seule chose: aucun parti, aucun groupement ukrainien ne le considère comme ayant le droit de parler en qualité d'Ukrainien. Veuillez croire, Excellence, le nouveau témoignage de ma haute et profonde considération. Signé: Alexandre CHULGUINE Chef de La Mission Ukrainienne à Paris N6 PARIS le 24 Mai 1921 Monsieur le Rédacteur, Dans le numéro portant la date de Mardi 24 Mai, votre journal publie sur la question ukrainienne une note émanant d'un " correspondant de Vienne ". Cette note, je ne peux pas la laisser sans réponse. Le " correspondant de Vienne " parle de Brest-Litovsk et croit que Trotsky voulait vraiment entreprendre une guerre sainte contre l'Allemagne; il croit aussi que cette guerre n'a pas réussi par la seule faute de l'Ukraine. Je suis obligé de rappeler les faits suivants: l'armée russe était en déliquescence et le front de la grande guerre était anéanti en 1917 par les bolchevistes, c'est-à-dire: par Trotsky et ses amis. La seule tentative pour rétablir et défendre le front, au moins au sud-ouest (front ukrainien) et sur la frontière roumaine, fut faite par le Gouvernement Ukrainien et, nommément par le président du Directoire, Simon Petlioura, alors Ministre de la Guerre. LE PRÉSIDENT PETLIOURA ÉTAIT SOUTENU D'AILLEURS DANS CETTE TENTATIVE PAR LA MISSION MILITAIRE FRANÇAISE. L'armistice avec les centraux avait été déjà signé par les bolchevistes (au commencement de Décembre) et l'Ukraine se trouva devant le fait accompli. IL CONVIENT DE REMARQUER QUE L'UKRAINE N'A JAMAIS SIGNE CET ARMISTICE. Trotzky menait, d'un côté, les pourparlers de Brest-Litovsk, et, de l'autre, il commandait la marche de l'armée rouge vers Kiev (en Janvier 1918) Toutes les démarches des délégués ukrainiens en vue de lui expliquer que cette politique placerait l'Ukraine et la Russie elle-même à la merci de l'Allemagne ont échoué. L'armée rouge a pris Kiev; c'est alors seulement (le 9 Février) que l'Ukraine trahie et envahie par les bolchevistes dut signer la paix. On doit re- -2- gretter profondément cette suite d'événements tragiques; mais, tout en faisant certains reproches aux dirigeants de la politique ukrainienne d'alors, il est nécessaire et juste de bien comprendre dans quelle situation l'Ukraine se trou- vait. D'ailleurs, peu de temps après, la Roumanie, contre tous ses intérêts et toutes ses sympathies, a dû suivre l'ex- emple de l'Ukraine. En exposant ces faits historiques, je n'ai pour but que de rétablir la vérité. Et cette exposition même consti- tue une réponse assez éloquente pour démontrer l'inanité des autres accusations sommaires portées contre l'Ukraine par le " correspondant de Vienne ". Ce correspondant néglige le rôle joué par l'Ukraine pendant ces trois dernières années, C'EST L'UKRAINE ET PRE- CISEMENT SON CHEF PETLIOURA QUI, PAR LES POITRINES DE SES ENFANTS, A DEFENDU L'EUROPE CONTRE L'INVASION DES BOLCHE- VIKS. En 1920, L'Ukraine a signé une convention avec la Pologne et a fait la campagne glorieuse de 1920 contre la Russie des Soviets. Et aujourd'hui que l'Ukraine, oubliée par le monde entier, continue seule ( par des partisans ) à mener la guerre contre les envahisseurs du Nord avec une persévérance, un héroïsme et un patriotisme admirables, je me permets de donner du " correspondant de Vienne " le conseil d'aller voir de près ce qui se passe dans notre pays. Il verra que tous les partisans dont je parle plus haut combattent sous le drapeau jaune-bleu, c'est à dire sous les couleurs nationales de la République Démocratique Ukrainienne, et il constatera que, dans tous leurs rapports les bolchevistes donnent le nom de " petliourovistes " ( adeptes de Petlioura ) non seulement à ces partisans, mais à tous ceux qui ont le sentiment national ukrainien. Le " correspondant de Vienne " parle aussi des fonds ukrainiens déposés dans les banques des Pays Cen- -3- troux. L'origine de ces fonds n'a rien de mystérieux. Ils ont été déposés par les Puissances Centrales (au temps de l'heman Skoropad- sky) comme contre-valeur de l'argent en espèces ukrainiennes qu'el- les ont acquis pour la commodité de leurs achats en Ukraine. L'hema Skoropadsky ayant abdiqué en Décembre I9I8 et son Gouvernement ayant remis ses pleins pouvoirs aux mains du Directoire (à la même date) le Directoire et son Président Simon Petlioura sont de- venus les ayants-droits légitimes quant aux fonds déposés en Alle- magne et en Autriche-Hongrie. Malheureusement, l'Allemagne a, en I9I mis l'arrêt sur ces fonds et, JUSQU'A AUJOURD'HUI AUCUN ACCORD N'A ETE REALISE A CE SUJET ENTRE L'ALLEMAGNE ET L'UKRAINE, CE QUI NE PROUVE PAS PRECISEMENT QUE L'UKRAINE SOIT SUBVENTIONNÉE PAR L'ALLE- MAGNE, comme l'affirme le "correspondant de Vienne". Je me permets, en finissant cette lettre, de poser la question suivante: Qui est l'informatteur du "correspondant de Vienne"? IL EST BIEN CONNU QUE LA POLITIQUE DE L'UKRAINE SE TOURNE VERS LA FRANCE ET ON PEUT SE DEMANDER SI DE TELLES INFORMATIONS NE RISQUENT PAS DE FAVORISER LES INTERETS DE L'ENNEMI DE LA FRANCE, EN NUISANT A L'ETABLISSEMENT D'UNE CONFIANCE MUTUELLE ENTRE LA GRANDE REPUB- LIQUE DE FRANCE ET LA JEUNE REPUBLIQUE DE L'UKRAINE.- CONFIANCE QUE NOUS SAVONS NECESSAIRE POUR L'UKRAINE ET QUE NOUS CROYONS, SINCEREMENT UTILE POUR LA FRANCE. Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur, l'expression de mes sentiments bien distingués. ALEXANDRE CHOULGUINE Chef de la Mission de la République Ukrainienne à Paris Ancien Ministre des Affaires Etrangères d'Ukraine Paris, le 4 juin 1926. A Son Excellence Monsieur le Président de la Commission des Réparations Monsieur le Président, Au nom du Gouvernement de la République Démocratique Ukrainienne, j'ai l'honneur de présenter à Votre Excellence la prière de vouloir bien soumettre à la haute Commission des Réparations la question du paiement par l'Autriche de 51.422.000 couronnes dues à l'Ukraine, selon la convention conclue entre ces deux Etats le 17 Janvier 1921 et de vouloir bien autoriser le Gouvernement Autrichien à payer à mon Gouvernement la somme sus-mentionnée. En même temps, j'ai l'honneur de présenter à Votre Excellence un mémoire dans lequel je me suis appliqué à exposer brièvement toute la question et à faire l'argumentation nécessaire pour établir que le Directoire de la République Démocratique de l'Ukraine présidé par l'Ataman Simon Petlioura a tous les droits pour toucher ces 51.422.000 couronnes. Veuillez, Monsieur le Président, agréer le témoignage de ma haute et respectueuse considération. Signé: Alexandre Choulguine Chef de la Mission de l'Ukraine à Paris- Liste des documents présentés à la Commission des Réparations par Monsieur Alexandre Choulguine, Chef de la Mission de la «république Ukrainienne» à Paris Ministre Plénipotentiaire I.- Note à Son Excellence Monsieur le Président de la Commission des Réparations. II.- Mémoire concernant les droits de l'Ukraine au paiement par l'Autriche des sommes qu'elle lui doit en vertu de la convention du 17 Janvier 1921 ANNEXES: I) Convention du 17 Janvier 1921 2) Convention du 10 Septembre 1918 3) Acte d'abdication du Hetman Skoropadsky 4) Arrêt du Conseil des Ministres de l’Ukraine 5) Document N° 83 de l'Assemblée de la S. de N. 6) Document N° 214éde l'Assemblée de la S. de N. 7) "Les problèmes de l'Ukraine" par A. Choulguine 8) Chronologie des principaux évènements en Ukraine 9) Note présentée par la Délégation Ukrainienne à Spa 10) Démenti de Mr. Choulguine II) Traduction de la Note de Mr. Petrouchevitch LISTE Des documents concernant les droits de l'Ukraine sur les fonds déposés dans les banques allemandes et bâbâtrichiennes d'après la convention du 10 septembre I9I8, présentés au Ministère des affaires étrangères de France. - I - Mémoire de Monsieur A. Choulguine, Chef de la Mission de l’Ukraine en France. - II - ANNEXES. I.-Convention du 10 septembre I9I8. II.-Acte d'abdication de l'Hétman Skoropadsky. III.-Arrêt du Conseil des Ministres de l’Ukraine. IV.-Document N° 83 de l'Assemblée de la S.d.N. V.-Document N° 214 de l’ Assemblée de la S.d.N. VI.-Note présentée par la Délégation Ukrainienne à Spa. VII.-Démenti de M-r Choulguine. VIII.-Chronologie des Evénements en Ukraine. IX.-"Les Problèmes de l'Ukraine" par A.Choulguine. 888888888888X2333333333333 Excellence, Il ne me semble pas tout à fait inutile de compléter mon mémoire du 24 juin, que j'ai eu l'honneur de remettre au Ministère des Affaires Etrangères, entre les mains de M. Grenard, par des brefs renseignements concernant un certain M. Merkotoune qui se donne comme président d'un prétendu Comité national ukrainien. M. Merkotoune paraît s'intéresser très vivement aux fonds déposés par l'Etat ukrainien dans les banques austro- hongroise et allemande. Il a fait insérer à la première page du Temps, à la date du 31 mai, puis à la seconde page de ce même journal, à la date du 1 juin deux notes identiques à quelques chiffres près, et dans lesquelles il annonce qu'il a adressé à Votre Excellence un mémoire relatif à ces fonds. Ces deux notes contiennent des erreurs fondamentales: M. Merkotoune dit que les fonds en question ont été déposés par le Gouvernement de la Rada Centrale "comme garantie de la paix de Brest-Litovsk". Or, comme j'ai eu l'honneur de l'exposer dans mon mémoire ces fonds ont été en réalité placés dans les banques des empires centraux par le gouvernement de l'letman Skoropadsky, en conséquence de la Convention signée à Kiev le 10 Septembre 1918. M. Merkotoune devrait mieux que personne se rappeler ce fait, car il était à cette date le secrétaire particulier de l'hétman Skoropadsky lui-même. A Son Excellence Monsieur Aristide BRIAND Président du Conseil des Ministres Ministre des Affaires Etrangères PARIS. - 2 - En second lieu, le président du prétendu Comité national ukrainien affirme que les fonds susdits ont été séquestrés par les Alliées. Or, il est inutile de faire remarquer à Votre Excellence que ces fonds ont été séquestrés par les Allemands et non par les Alliées. Enfin M.Markotoune feint de craindre que ces fonds ukrainiens ne retournent dans les mains ukrainiennes qu'il fait semblant de considérer comme hostiles à l'Entente. Toutes les personnes qui ont bien voulu examiner la politique de l'Ataman en chef Petlioura, Président de la République Ukrainienne, et de ses ministres, se sont rendu très facilement compte que cette politique, basée sur une alliance juridique avec la Pologne et sur une entente de facto avec la Roumanie, s'est toujours orientée vers les Grands Alliés et c'est pour cela même que le gouvernement allemand a mis sous séquestre les fonds que l'Etat ukrainien lui avait confiés. Le légèreté, pour ne pas dire imprudence, avec laquelle M.Markotoune a rédigé sa double note au journal Le Temps suffit pour montrer qu'il serait difficile d'attacher quelque importance aux allégations de ce président du prétendu Comité national ukrainien. Quelques simples renseignements biographiques achèveront de peindre M.Markotoune. M.Markotoune, qui avait commencé à se faire connaître dans l'emploi de secrétaire particulier du l'hetman Skoropadsky, se tourne après la chute de son chef, vers l'adversaire et successeur de celui-ci, l'ataman en chef Petlioura auquel il jura de soutenir l'indépendance de l'Ukraine. Plus tard, se trouvant à Paris, M.Markotoune essaya d'entrer aux service de la Délégation ukrainienne, et,(notamment) nommément, il s'ed- - 3 - ressa dans ce but, à maintes reprises, au signataire même de cette note, lequel était alors membre de cette Délégation. Celle-ci crut prudent de répondre négativement au désir expri- mé par M.Markotoune. Le Président Petlioura ayant approuvé la décision de la Délégation, M.Markotoune promit de se venger, non seulement contre le Président de la République ukrainienne, mais contre l'Ukraine tout entière. A cet effet, il se tourne contre les ennemis les plus avérés de notre pays. Il se mit à leur service, obtint d'eux de l'argent et, en compagnie de deux ou trois de ses camarades, fonda un "comité national ukra- inien" dont le but le plus clair était et est de disqualifier l'Ukraine, selon le voeu et la direction de nos ennemis. Ceci dit, il est inutile d'ajouter que M.Markotoune n'est considéré par aucun groupement, par aucun parti ukrain- ien comme ayant le droit de parler en qualité d'Ukrainien. Au reste, M.Markotoune ne connaît même pas la langue ukrainienne. C'est là le moindre de ses défauts. Le plus grave est que les Ukrainiens ont le droit de lui reprocher d'être un agent à la solde de groupements russes impérialistes, peut-être même bol- chévistes. Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assu- rance de ma plus haute considération. ALEXANDRE CHOULGUINE Chef de la Mission de la République Ukrainienne LISTE des documents présentés à Son Excellence Très Honorable Sir Erik Drumond; Secrétaire Général de la Société des Nations par Monsieur Choulguine, Représentant de l'Ukraine auprès de la Société des Nations. I Lettre de Monsieur Alexandre Choulguine. II Annexes 1°. Mémoire concernant les droits de 1’Ukraine sur les fonds déposés dans les Banques Allemandes et Autrichiennes. 2°. Copie de la Convention relative ajustements financiers. 10/IX 1918 3°. Acte d'abdication de l'Hétman Scoropadsky. 4°. Arrêt du Conseil des Ministres de l’Ukraine. Herbel 5°. Copie de la Note présentée à Son Excellence Monsieur Aristide Brian, Président du Conseil des Ministres de France. 30/VII PARIS, LE 26 MARS 1921 DÉLÉGATION DE LA RÉPUBLIQUE UKRAINIENNE 37, RUE LA PÉROUSE TÉL. : PASSY 33-87. COPIE LA SITUATION EN UKRAINE ET LES ASPIRATIONS DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE UKRAINIENNE. Mémoire présenté à Son Excellence: Monsieur le Directeur des Affaires Politiques et Commerciales au Ministère des Affaires Étrangères. - -I- L'UKRAINE est un facteur indispensable dans la lutte contre les Bolchévistes. - Selon les renseignements sûrs, parvenant à l'Etat-Major des Armées Ukrainiennes, la Russie des Soviets se prépare toujours en vue d'une nouvelle campagne militaire pour le printemps ou l'été prochain. Cette campagne est même commencée déjà au Caucase, en Géorgie; mais, suivant les renseignements susdits, l'effort prin- cipal de la campagne bolchévique se portera vers les marches de l'Occident. Cette guerre qui éclatera fatalement, sous un préte quelconque, est tout-à-fait nécessaire pour l'existence de la Russie des Soviets et pour la réalisation de son double but de bolchévisation et de conquête mondiales. En tout cas, la Paix signée à Riga est loin d'avoir créé une situation rassurante: danger pressant menace encore et constamment la Pologne, la -2- manie et les pays baltes. C'est dire que, quand la guerre éclatera, l'Ukraine en sera l'un des premiers et le plus indispen-sable champion. On sait que les bolchévistes russes ont deux méthodes de conquête: l'une directe, par l'armée; l'autre indirecte, par la propagande. Leur attaque contre la Pologne en 1920 a montré combien grand fut le danger qui menaça ce pays d'être bolchévisé par l'intérieur. En cas d'une attaque nouvelle, rien ne prouve que le même danger ne surgirait pas, étant donné surtout le dur situation financière et économique dans laquelle se trouve la Pologne, et, outre, la Roumanie et les autres pays limitrophes. L'Ukraine a vu l'œuvre des deux méthodes d'attaque soviétique: et, après tant de pillages et tant de meurtres, il est impossible de faire croire aux Ukrainiens que l'enfer des Soviets serait une chose heureuse. L'armée Ucrainienne est, en conséquence, la plus sûre des armées européennes qui puisse être opposée aux troupes rouges; l'expérience qu'elle a faite l'a immunisée contre le poison bolchévique. Il est connu, d'ailleurs, que l'Ukraine, pays de petits agriculteurs et de mœurs et de goûts individualistes, est tout à fait opposée à la commune (au mir) russe. -II- L'insurrection Ukrainienne doit être soutenue et organisée En Ukraine, l'insurrection s'est généralisée, elle est aujourd'hui, plus que jamais, innombrable, systématique et organisée. -3- La haine est à son comble contre les troupes rouges et contre tout le système apporté de Moscovie, de même que contre toutes les autres tentatives d'oppression ( Allemands, Dénikine ) L'en- quête, les multiples constatations faites par M. Alexandre Choul- guine, signataire de ce mémoire, au cours de son voyage en Uk- raine ( Été 1920 ) et à Tarnov ( Janvier 1921 ) où il a rencontré de nombreux représentants des patriotes insurgés qui passent et repassent la frontière, sont pleinement d'accord avec tous les documents recueillis d'autre part pour prouver que le sentiment patriotique et la conscience nationale se sont étendus sur tout le territoire de l'Ukraine et de la façon la plus manifeste.- Ce sentiment, cette conscience sont tout-à-fait différents de ce qu'ils étaient avant la guerre, et, même, de ce qu'ils étaient en 1917. Ils ont aujourd'hui une précision et une force indes- tructibles. -4- tions secrètes comme cela vaît lieu en Macédoine au temps des Turcs. Les événements donnent la mesure de la puissance de résis- tance de ces paysans Ukrainiens que les troupes rouges sont in- capables de vaincre. Mais, les mêmes événements montrent aussi que si les efforts des insurgés sont suffisants pour détruire les plans des bolchévistes, ces insurgés sont dans l'impossibilité de chasser les occupants et d'imposer l'ordre sur tout le pays qui, peu à peu, glisse dans une ruine et dans une anarchie com- plètes. -III- La seule force qui puisse maintenir l'ordre et organiser la lutte antibolchévique est le Gouvernement de la Ré- publique Ukrainienne et son chef Simon PETLIOURA Aucune intervention étrangère ne saurait organiser et con- duire à leur but ces paysans soulevés pour défendre et délivrer leur sol. Après toutes les désillusions des dernières années, les Ukrainiens sont devenus extrêmement méfiants envers les étran- gers. Si les Polonais ont pu effectuer leur dernière campagne côte à côte avec les troupes Ukrainiennes, c'est qu'ils étaient les alliés du Gouvernement de la République Ukrainienne et que leur entrée dans le pays était sanctionnée par Simon Petlioura. Les paysans disaient mot pour mot " Si Petlioura fait venir chez nous les Polonais, c'est qu'il le faut pour notre bien " En toute réalité et de toute évidence, c'est le Gouvernement Ukrai- nien et le chef de l'Etat Petlioura qui peuvent seuls organiser la délivrance de l'Ukraine et mettre fin à l'anarchie. -5- Le pouvoir de Simon Petlioura et de son Gouvernement émane de la volonté du peuple, de la Rada Centrale (1917) des élections générales pour la Constituante et les Municipalités (1917-1918) du Congrès Travailiste (1919). Il est appuyé actuellement par le Conseil de la République qui rassemble tous les partis de l'Ukraine, ainsi que les représentants des municipalités, des coopératives, etc... En délivrant le territoire Ukrainien en 1920, ce pouvoir a pu et a su y faire régner l'ordre. Il y a organisé une armée, petite numériquement (à cause du manque de munitions), mais dont les belles qualités militaires ont été reconnues par les Polonais et, aussi, nous l'espérons, par la Mission Militaire Française à Varsovie. Malheureusement, cette armée a dû reculer devant les troupes rouges qui, laissées libres par les préliminaires de Paix à Riga, puis, par la chute de Wrangel, ont pu se jeter en masse contre l'Ukraine. L'ataman en chef Petlioura, faute de fusils et de munitions, a dû envoyer dans leurs foyers plus de 75.000 hommes. Réduits à 45.000 combattants et à 100.000 cartouches au moment de l'offensive bolcheviste, cette armée, malgré son endurance, et son héroïsme, ne pouvait plus tenir la campagne. -IV- Pour remplir son but militaire, le Gouvernement Ukrainien a besoin d'être aidé par la France (utilisation des troupes ukrainiennes qui se trouvent sur le sol étranger) Il va sans dire que, sans aide matérielle de l'Occident, la délivrance de l'Ukraine ne pourrait être réalisée; il faut, en effet, opposer aux effectifs rouges une armée ukrainienne suffi- -6- samment riche en armes et en munitions. Or, le signataire de ce mémoire peut affirmer, et, il est d'ailleurs chargé d'en porter le témoignage de la part de son Chef d'Etat, qu'on peut par contingents successifs et relativement rapprochés élever l'armée ukrainienne à 500.000 hommes. Mais, si l'Ukraine ne demande pas de soldats, elle a besoin: 1° D'obtenir des instructeurs Français, le désir ardent de l'Uk- raine étant de voir son armée organisée à la française. 2°.- De recevoir des armes, des appareils techniques, des munitions, 3°.- Etant donné qu'il est impossible de réaliser momentanément l'or ganisation de l'armée Ukrainienne sur le territoire ukrainien qui est tout entier en ce moment un immense champ de bataille, il est nécessaire d'avoir, proche de l'Ukraine, un territoire neutre et sûr, où on pourrait instruire les premiers 150.000 combattants. Si, pour une raison quelconque, ce triple vœu adressé à la France par le Gouvernement Ukrainien ne pouvait être exaucé en ce moment, il est du moins indispensable d'utiliser les troupes uk- rainiennes qui se trouvent à l'étranger et dont la situation est très grave. 1) Armée ukrainienne internée en Pologne; 2) Débris de l'armée de Wrangel parmi lesquels se trouvent plusieurs milliers d'Ukrainiens qui désirent s'unir à l'armée na- tionale. Tous ces soldats groupés sous un seul chef pourraient for- mer un bon noyau pour la guerre éventuelle. Et la demande la plus instante du Gouvernement Ukrainien à la France, c'est de mettre les troupes sudites sous le protection des missions militaires fran- çaise en Pologne, en Turquie, en Bulgarie. - -7- Pendant trois ans, l'UKRAINE, fidèle à la politique française, a payé de son sang et de sa ruine, la défense de l'Europe contre le péril Moscovite Si l'Ukraine s'adresse tout spécialement à la France, c'est qu'elle suit fidèlement le politique instaurée par son Chef Pet- lioura dont la francophilie n'a jamais subi aucune défaillance. Le gouvernement Ukrainien est convaincu que la France est la seule des grandes puissances qui comprenne exactement le danger que présente la bolchévisme capable, s'il n'est vaincu, de s'u- nir avec l'Allemagne et de mettre, de nouveau, l'Europe à feu et à sang. Or, c'est l'Ukraine qui, jusqu'ici, et, pendant trois ans, a défendu, par les poitrines de ses soldats et de ses in- surgés, les mœurs de l'Occident. C'est elle qui a empêché la Russie des Soviets de s'unier avec BellaKune. C'est elle qui, par ses guerres, ses émeutes et ses insurrections, a empêché les bolchévistes de faire de son sol une base militaire pour l'a- vance en Roumanie et, ainsi, sauvé cette dernière d'une invasion inévitable. Enfin, côté à côté, avec les troupes Polonaises, l'armée Ukrainienne n'a pas seulement combattu pour son propre compte, mais, elle a participé à la victoire de la Pologne, et la France et ses alliés n'ont certainement pas oublié la part importante prise déjà en 1917 par le premier gouvernement uk- rainien, spécialement représenté par son Ministère des Affaires Étrangères, lesquels ont entamé d'heureuses relations avec les représentants de la France et, notamment, avec ses missions militaires. C'est ainsi que M. Petlioura a collaboré avec les -8- missions pour tenter d'opposer à l'invasion allemande un front ukrainien qui eût remplacé le front russe aboli par la défaillance des bolchevistes. L'Ukraine s'adresse également à la France parce qu'elle se trouve depuis ces dernières années dans la zone de son influence économique et qu'elle connaît ses traditions de justice, d'honneur et de liberté. Il est évident que l'Ukraine se met à la disposition du Gouvernement Français pour lui offrir, en retour de son aide éventuelle, les plus larges garanties économiques au sujet desquelles le signataire de ce mémoire est prêt à fournir, selon les ordres de son gouvernement, l'exposé le plus détaillé. Signé: A. CHOULGUINE m.p. Chef de la Mission Diplomatique de la République Ukrainienne. Copie. Excellence, J'ai l'honneur de vous présenter un mémoire concernant les fonds de l'Ukraine déposés par le gouvernement ukrainien dans la Deutscho-bank à Berlin. La conclusion de ce mémoire montre les grandes difficultés qu'a le gouvernement ukrainien pour rentrer en possession de cet argent. L'argent en question serait pourtant de la plus grande utilité et même de la plus grande nécessité pour secourir les réfugiés de l'Ukraine, tant nationaux de langue et d'origine ukrainienne que polonais, juifs et russes ressortissants de notre pays. Ces derniers ressortissants étant très nombreux, le secours qui leur serait apporté par notre gouvernement serait une première solution de la question soulevée tout récemment devant le Conseil de la Société des Nations au sujet des réfugiés russes en général. A ce propos, je ne crois pas qu'il soit tout à fait inutile de vous rappeler une note parue dans le numéro du T e : p s portant la date du 2 juillet 1931, et qui annonçait qu'un certain L. Markotoune, président d'un soi-disant comité national ukrainien à Paris, "a présenté à la Société des Nations un mémoire pour l'organisation de l'aide aux réfugiés russes et ukrainiens". Je dois prévenir Votre Excellence que ce L. Markotoune n'est considéré par aucun groupement, par aucun parti ukrainien comme ayant le droit de parler en qualité d'Ukrainien. Ce soi-disant "comité national ukrainien à Paris" se A Son Excellence très Honorable Sir Erik Drumond, Secrétaire Général de la Société des Nations. composé de deux ou trois individus seulement, lesquels... sont soutenus par de l'argent fourni par les ennemis de l'Ukraine. Au reste, je joins à ce pli une note que je viens d'adresser à Monsieur Briand, Président du Conseil des Ministres, Ministre des Affaires Étrangères de Fran- ce. En terminant cette lettre, il me paraît nécessaire de prier Votre Excellence de ne pas oublier que le Gou- vernement Ukrainien et le Président Silon Petlioura sont restés et restent toujours à leur porte; en dépit de tous les malheurs qui ont frappé notre pays. C'est dire que ce gouvernement, dont je suis actuellement le représentant auprès de la Société des Nations, a seul le droit de faire entendre sa voix au nom de l'Ukraine. Si, d'ailleurs, le moindre doute pouvait exister à cet égard dans un esprit quelconque, je me permettrais de d'invoquer le très précieux témoignage de Votre Excel- lence, publié comme document de la haute Assemblée pour le N°88, et j'attirerais aussi l'attention sur les pages de 2 à 10 de mon mémoire ci-inclus ( concernant les fonds ). J'ose espérer que vous voudrez bien mettre les pièces ci-jointes sous les yeux des très honorables membres du Conseil de la Société des Nations. Et, en vous remerciant, je prie Votre Excellence d'agréer la nouvelle assurance de la plus haute considération. Paris, le 7,VII, 1921. (Signé) Alexandre Choulguine, Représentant de la République Démocratique Ukrainienne auprès de la Société des Nations, Chef de la Mission de l'Ukraine en France. MEMOIRE CONCERNANT LES DROITS DE L'UKRAINE SUR LES FONDS DEPOSES DANS LES BANQUES ALLEMANDES ET AUTRICHIENNES SELON LA CONVENTION DU 10 SEPTEMBRE 1918 Pourquoi et comment les sommes en litige ont été déposées dans les Banques allemandes et Austro-hongroise Suivant la convention conclue entre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, d'une part, et l'Ukraine d'autre part, celle-ci devrait livrer des quantités importantes de blé et de matières premières aux Puissances centrales, en échange d'articles de fabrication finie, et notamment de machines agricoles. Les Puissances centrales n'ayant pu remplir les ob- ligations de cette convention d'échange de marchandises, le Gouvernement Ukrainien leur accordait la permission d'acheter du blé et des matières premières dans l'Ukraine contre payement en argent comptant. Mais la population ukrainienne refuse d'ac- cepter les billets de banque allemands et autrichiens; et c'est pour cette raison que le 10 Septembre 1918 les Puissances cen- trales ont signé avec l'Ukraine une convention pour l'achat de 1600 millions de Carbovanetzes (monnaie ukrainienne) contre des sommes équivalentes en bons du Trésor et en espèces (mark et couronnes), toutes sommes déposées dans les banques d'Etat de Berlin, de Vienne et de Budapest. C'est ainsi qu'à cette heure, l'Ukraine a en dépôt dans le banque allemande 400.000.000 marks et dans la banque austro- hongroise, de bons du Trésor se montant à 158.400.000 couronnes Par un bref exposé de l'histoire de l'Ukraine depuis 1917, il est facile de prouver que les fonds, déposées dans les - 2 - banques d'Etat des Puissances centrales, à la suite de la con- vention du 10 Septembre 1918, appartiennent à la République Dé- mocratique Ukrainienne, et à son Gouvernement légitime, con- stitué par le Président du Directoire et Atamen en chef Simon Petlioura. Fondations et débuts de la République - I - La République Démocratique Ukrainienne a été proclamée en 1917. Depuis lors, l'histoire de cette République comprend trois périodes: La première période est celle de la Rada Centrale (Par- lement révolutionnaire, 8 avril 1917 - 28 avril 1918). C'est ainsi dans l'été de 1917 que fut formé le premier conseil des Ministres, lequel prit le pouvoir avec le consentement du Gouvernement provisoire de Pétrograd, présidé par Kérensky (le séparation complète de l'Ukraine et de la Russie ne devait avoir lieu que le 9 Janvier 1918). Parmi les secrétaires d'Etat de ce premier cabinet, se trouvaient M. Simon Petlioura, actuel- lement Président du Directoire, qui assuma le portefeuille de la guerre, et le signataire de ce mémoire, M.Alexandre Choul- guine à qui fut confié le ministère des affaires étrangères. En décembre 1917, deux représentants des pays de l'Entente, M. le Général Fabouis, pour la République Française, et M. le Con- sul Général Beggé, pour la Grande Bretagne, ont été accrédités par leurs Gouvernements respectifs auprès du Gouvernement ukra- inien. - 3 - I.'letmanet de Skoropadsky II Durant la seconde période de l'histoire de la République Ukrainienne, les Centraux reconnurent l’Ukraine et, aussitôt, leurs troupes occupèrent ce pays. Les grands propriétaires fonciers, s'appuyant sur les troupes, proclamèrent comme chef d'Etat l'hetman Skoropadsky. Le Rada Centrale fut dispersée par les bâtonnettes allemandes; plusieurs ministres furent arrêtés. Skoropadsky reste au pouvoir du 29 avril eu 14 décembre 1918, et C'EST PAR SES REPRÉSENTANTS QUE FUT CONCLUE À KIEV, AVEC LES CENTRAUX LA CONVENTION DU 10 SEPTEMBRE 1918. L’abdication de Skoropadsky et la remise du pouvoir entre les mains du Directoire présidé par Simon Petlioura. III La troisième période de l'histoire de la République Ukrainienne s'ouvre par par la révolution contre l'hétmanat de Skoropadsky et l’occupation allemande. Durant cette occupation, Simon Petlioura avait été nommé Président des Zemstvos du Gouvernement de Kiev, (élus par le suffrage universel). et, plus tard, président de l'Union de tous les Zemstvos de l'Ukraine.- Cette situation unique désignait Petlioura comme le chef de l’opposition contre Skoropadsky. Le 15 Novembre 1918 La Ligue Nationale de tous les partis politiques proclama un Directoire comme pouvoir suprême devant prendre la place de l'hétmanat. Un mois plus tard, (14 Décembre 1918) L'HETMAN SKOROPADSKY ABDIQUAIT, et son Gouvernement, par un acte portant la date du 14 Décembre, résigna ses pleins pouvoirs entre les mains du Directoire. C'est ainsi que celui-ci et son Président, l'ataman en chef Petlioura, devinrent les SUCCESSEURS LEGITIMES DE L'HETMAN ET LES AYANTS-DROIT POUR TOUS LES FONDS DEPO- - 4 - SIES DANS LES BANQUES ÉTRANGÈRES PAR LE GOUVERNEMENT DE L'ETAT. En Janvier 1919, un Congrès National, dit Congrès tre- vailliste, où se retrouvaient presque tous les membres de l'en- cienne Rada, confirmait les pouvoirs du Directoire. Le représentation de L'Ukraine à l'Etranger - IV - Toute la population, toutes les institutions d'Etat ont immédiatement reconnu l'autorité du Directoire, de même que toutes les Légations et Missions envoyées par l'état Skoropadsky à l'Etranger. Celles-ci ont continué à fonctionner régulièrement jusqu'à ce jour. Le Gouvernement de la République Ukrainienne a, actuellement, des Légations ou des Missions à Paris, à Londres, à Rome, à Bruxelles, à Varsovie, à Bucarest, à Prague, à Berne, à Constantinople, à Sofie, et à Berlin, à Vienne et à Budapest. L'Ukraine a été représentée auprès de la Conférence de le Paix par une Délégation qui a été reçue en 1919 par le Con- seil des Quatre. Cette même Délégation a présenté ses reven- dications à Paris, à San-Remo et à Spa. L'Ukraine a posé sa con- didature auprès de la Société des Nations, à Genève, en vue d'entrer dans cette société. La régularité de cette demande a été reconnue par la Commission de l'assemblée; mais l'admission de l'Ukraine, comme celle de tous les autres Etats, détachés de l'ancienne Russie, a été ajournée. Toutes les relations diplo- matiques et les principaux actes politiques de l'Ukraine sont exposés dans le Mémoire rédigé par le Secrétariat Général de la Société des Nations et publiée par celui-ci parmi les docu- ments de L'Assemblée ( n° 88). - 5 - Le Directoire a exercé jusqu'ici son pouvoir sans aucune interruption. En 1919, devant l'invasion de l'Ukraine par les troupes rouges, le Président Petlioura dut proclamer la guerre contre la Russie des Soviets. Cette guerre fut menée courageusement malgré des difficultés de toutes sortes; manque de munitions et d'appareils techniques, d'une part, et, d'autre part, complications diplomatiques et événements militaires inattendus. Les pourparlers entamés par le Président Petlioura à Odessa, avec la Mission militaire Française, furent interrompus par l'évacuation de cette ville que l'armée rouge menaçait. L'offensive polonaise, commandée par le général Heller, contre la République Ukrainienne Occidentale (Galicie), eut beaucoup à la lutte contre la Russie des Soviets, en retirant de cette lutte les forces polonaises et celles de l'Ukraine occidentale. Néanmoins, le Président Petlioura réussit à reprendre Kiev (Août 1919). Une nouvelle complication surgit: le général Denikine occupa la rive gauche du Dniéper et marcha vers Kiev. Au moment même où le Président Petlioura y effectuait son entrée, Denikine se refusait absolument à s'entendre avec l'Ukraine et à reconnaître son indépendance; il a tiré sur les troupes de Petlioura, et la guerre entre l'Ukraine et l'armée de Denikine s'en suivit. Les bolcheviks profitant de ce désaccord tragique réoccupèrent Kiev. Après une lutte extrêmement dure contre les rouges en même temps que contre les volontaires de Denikine, Petlioura prit la résolution de traiter avec les bolcheviks. - 6 -- ter personnellement avec les Volontaires occidentaux. Il confia ses troupes au commandement du Général Pavlenko et partit pour Varsovie. La convention avec la Pologne, la campagne Polono-Ukrainienne en 1920 et la guerre de partisan- - VI - Le 21 Avril 1920, une convention fut signée à Varsovie entre la Pologne et l'Ukraine. Le Gouvernement du Directoire était reconnu par la Pologne comme le gouvernement légal et régulier de l'Ukraine. L'attitude des Bolcheviks ayant déclenché la guerre de la Pologne contre la Russie des Soviets, les armées polonaises commencèrent la campagne de 1920 avec, à leur droite, l'armée de la République Démocratique Ukrainienne, dirigée par le Président et Ataman en chef Petlioura. Ces armées prirent l'offensive, s'emparèrent de Kiev; mais une contre-offensive de l'ennemi réussit à repousser les alliés, et les troupes russes se ruèrent sur Varsovie. On sait que l'héroïsme patriotique des Polonais et l'intervention décisive du général Weygand défirent les troupes rouges et assurèrent la victoire. Dans le même temps, l'Ataman en chef Petlioura avait repris l'offensive contre l'invasion bolchevique et avait délivré les astes territoires de la Volhynie, de la Podolie et du gouvernement de Kiev. La Pologne ayant brusquement signé les préliminaires de Riga et Wrangel s'étant embarqué subitement pour Constantinople, les troupes des Soviets retenues sur le double front purent concentrer leurs efforts en Ukraine, et cela, au moment même où l'Ataman en chef Petlioura était obligé de renvoyer dans leurs foyers plus de 75.000 de ses soldats, à cause du manque presque total de fusils et de munitions.- Réduite à 45.000 combattants - 7 - et ne possédant plus que 100.000 cartouches, l'armée de la Répub- lique Ukrainienne, malgré son obstiné courage, se trouvait dans l'impossibilité de tenir la campagne. L'ataman en chef se résolut à interrompre la lutte de l'armée régulière; il désarma en Polonie une trentaine de mille hommes de cette armée, laissant au reste le soin de diriger sur le sol natal le peuple insurgé et de sou- tenir une guerre de partisans qui n'a jamais été aussi vive et aus- si puissante qu'en ce moment. Les insurgés mènent à la fois la lutte pour délivrer l'Ukraine du joug étranger et pour consolider le République Démoc- ratique Ukrainienne. Ils reconnaissent comme chef de cette Répub- lique l'Ataman en chef Simon Petlioura dont la popularité en Ukraine est général et indiscutable. Le Directoire, la Rada de la République et le Conseil des Ministres - VII - On l'a vu plus haut: le Directoire a exercé sans interruption depuis l'abdication de l'Hetman Skoropadsky, le pouvoir légal qu'il exerce encore. Mais certains changements se sont opérés dans la composition du Directoire. Celui-ci comprenait tout d'abord cinq membres. En 1919, deux d'entre eux démissionnèrent. Deux autres qui, tout en gardant leurs titres de directeurs, se trouvent en ce moment en congé pour des raisons personnelles, ont confié tout le pouvoir à Simon Petlioura, Président du Directoire et Ataman en chef des armées ukrainiennes. Le Président du Directoire ne dirigea, pendant un certain temps, les affaires de la République qu'avec le cabinet des ministres, et cela parce que les événements militaires qui se dé- roulaient en Ukraine ne permettaient pas de réunir une assemblée représentative. Malheureusement, devant la ruée des troupes bol- - 8 - clevistes en novembre 1920, le Gouvernement de la République dut passer en territoire polonais -(à Tarnov, en Galicie orientale) en même temps que celle des troupes qui, comme nous l'avons dit, furent désarmées. A la faveur d'une tranquillité relative, le Con- seil des Ministres décida de compléter la Constitution, et il élabora un projet de loi concernant la Rada de la République (Parlement provisoire). Le chef de la République : Simon Petlioura confirma cette loi d'après laquelle LA RADA DE LA REPUBLIQUE EST INVESTIE DU POUVOIR LEGISLATIF DEVANT QUI LE GOUVERNEMENT EST RESPONSABLE. La Rada se composedes représentants de tous les partis existant en Ukraine, des représentants de toutes les organisations et institutions importantes, ainsi que des représentants des dif- férentes nationalités qui sont en minorité en Ukraine (le Polonais les Juifs etc.) La Rada devait fonctionner jusqu'au moment où la convoca- tion d'un parlement régulier deviendrait possible. Le 22 février 1921, à Tarnow, eut lieu le première séance de la Rada de la République qui, pendant trois mois, a poursuivi régulièrement ses travaux et a élaboré plusieurs lois essentielles. Le 25 Mars 1921, un nouveau Cabinet parlementaire des Ministres fut formé sous le présidence de M. Prokopovitch; M. André Livitzky qui jusqu'alors avait présidé le Conseil, était appelé à la vice-présidence et recevait defini le portefeuille de la Justice; M. André Nikovsky recevait celui des Affaires Etrangères, et le Général Pavlenko celui de la Guerre. Le Rada de la République a voté sa confiance complète à ce cabinet, après avoir entendu la déclaration de M.Prokonovitch. - 9 - A la suite de la situation créée par la signature du traité entre la Pologne et le Gouvernement des Soviets, la Rada décida d'interrompre ses séances et, dans sa dernière séance (avril 1921) elle adopta la loi concernant la formation d'un Conseil qui prit le nom de Petite Rada. D'après cette loi, La Petite Rada comprend des représentants de tous les partis de l'Ukraine, et elle remplit les fonctions de la Rada de la République tant que les séances complètes de cette dernière Rada ne seront pas devenues possibles. Le soi-disant Gouvernement de l’Ukraine soviétique dirigé par Rakovsky. - VIII - Dans un rapport portant la date du 8 avril 1921 et adressé au Secrétariat Général de la Commission des Réparations, M. Beate, adjoint juridique de cette commission, après avoir parlé sommairement de la Période de l'Estman (voir notre paragraphe 2) écrit sans aucune transition: "Or, depuis "l'époque ci-indiquée, l'organisation politique du peuple "ukrainien a subi des changements considérables. Après de "longues luttes contre le pouvoir bolchévique la Russie Méridionale se trouve actuellement occupée dans sa totalité par les armées rouges. En dépit du mouvement contre-révolutionnaire qu'on annonce de certaines régions, les "autorités officielles de Kiev paraissent faire partie "de l'organisation soviétique". Ainsi M. Beate a passé sous silence tous les événements que nous avons exposés dans les paragr. 3,4,5,6, et 7. Au surplus nous sommes obligés de dire dans quelle mesure l’Ukraine est "occupée" par les bolchévistes et de mettre en lumière la phrase vague de M. Beate: "Les autorités officielles de - 10 - Kiew paraissent faire partie de l'organisation soviétique". Il est bien connu que lorsque les bolchevistes enva- lissent un pays, ils se déclarent prêts à reconnaître ses droits et son indépendance. C'est de cette façon qu'ils ont reconnu "de jure" l'Ukraine et qu'ils la font reconnaître par tous ceux / avec qui ils traitent. Ils ne demeurent, disent-ils, qu'à "libérer le pays de son "gouvernement bourgeois". Sur les arrières de leur armée d'invasion, ils préparent toujours un "gouvernement" soviétiste. C'est ainsi qu'ils avaient formé un "gouvernement" de cette sorte pour le Pologne, lequel, heureusement, n'a pas pu arriver jusqu'à ce pays. C'est ainsi qu'ils ont créé des "gouvernements" pour le Azerbaïdjan et la Géorgie. Ils ont fait de même pour l'Ukraine. Il existe, en effet (à Kakow), un soi-disant "gouver- nement" des "commissaires du peuple", présidé par M.Rakovsky, homme d'origine bulgaro-roumaine et agent international de Lé- nine. Au reste, il est à remarquer qu'aucun de ces commissaires du peuple n'est de race ukrainienne: tous viennent de Moscou. Tous les partis Ukrainiens, y compris ceux qui appar- tiennent à la plus extrême gauche, sont violemment opposés au régime de terreur apporté du nord. Les paysans de l'Ukraine sont absolument inaccessibles aux idées communistes parce qu'ils sont de petits propriétaires fonciers et individualistes. D'autre part, leur sentiment national ne peut supporter le joug étranger. Il convient d'ajouter que les bolchevistes se / sont tout de suite comportés comme des pillards bruts, enle- vant le blé, raflant les richesses de l'Ukraine, sans rien donner en échange. Ils ont établi ou essayé d'établir dans toutes les lo celités ukrainiennes où ils ont pénétré un régime d'oppression - II - nationale et personnelle tout à fait insurmontable et qui n'a eu pour résultat que de augmenter de plus en plus la popularité déjà énorme du Gouvernement légitime de la République Ukrainie- nne et de Simon Petlioura. Cette haine de l'envahisseur explique la permanence, la généralisation et la fureur des insurrections ukrainiennes qui ont réussi à localiser le pouvoir bolchevique dans les seules grandes villes et sur les grandes voies ferrées. L'ennemi n'ose plus aujourd'hui s'aventurer dans les campagnes s'il ne dispose d'une réelle force armée. C'est ainsi que la plupart des dis- tricts, que tous les villages et que presque toutes les villes moyennes possèdent leur administration indépendante (ou a peu près indépendante) de l'autorité des occupants. C'est dire en toute vérité que le "gouvernement" présidé par M.Rakovsky ne peut pas être tenu pour autre chose que la QUARTIER GENERALE DES TROUPES ROUGES D'OCCUPATION EN UKRAINE, et qu'on ne peut considérer le régime imposé dans les localités de l'Ukraine occupées par les troupes rouges que comme UN REGIME TERRORISTE D'OCCUPATION MILITAIRE. Tous les rapports, tous les témoignages qui, en abon- dance, arrivent de l'Ukraine, confirment cette vérité. Du reste M.Rakovsky lui-même le confirme par la férocité des décrets et des ordres qu'il a fait afficher dans l'Ukraine opprimée et par lesquels il menace les populations suspectées de sympathie pour les patriotes insurgés qu'il traite de "bandits". Voici un extrait d'un de ces décrets: I°.- Tout chef de bande, aussi bien que ceux "qui en font partie sont déclarés hors des lois. Tout ban- "dit fait prisonnier sera fusillé sur place comme un en- "nemi du Gouvernement des ouvriers et des paysans. - I2 - 2°.- Les proches parents du bandit seront saisis comme "des otages et dirigés sur les camps de concentration. Les biens des bandits et de leurs proches parents seront confisqués au profit des pauvres paysans de l'endroit. 3°.- les villages qui aideront les bandits en leur fournissant soit des véhicules, des chevaux, ou des volontaires, seront bloqués militairement et punis. Les punitions seront les suivantes: a) contribution en nature; b) contribution en argent; c) confiscation des biens des paysans riches; d) bombardement des villages et e) leur anéantissement complet". (Document de l'Assemblée n° 214, Société des Nations, 16 Décembre 1920 - p.3). - IX - Nous l'avons vu: le seul Gouvernement légal de l'Ukraine est celui du Directoire. Nous avons vu également que ce Gouvernement est l'unique successeur du Gouvernement de Skoropadsky en ce qui concerne les droits sur les fonds déposés par ce dernier dans les banques allemande et austro-hongroise. Les Puissances centrales ont agi depuis d'une manière différente: l'Autriche et la Hongrie ont en 1919 au moins remboursé les actifs de Couronnes en espèces et ont eu sujet des actifs de bons du Trésor conclu avec le Gouvernement Ukrainien les traités: l'Autriche le 17 Janvier 1921 et la Hongrie le 23 Février 1921, dont l'exécution à l'heure qu'il est, ne dépend que de la décision de la Commission des Réparations à Paris. Cependant le Gouvernement allemand par sa - 13 - note verbale du 10 Avril 1919 a communiqué à la Légation de la République Ukrainienne à Berlin le suivant: "Le Ministère des Affaires Etrangères a l'honneur "d'informer la Légation de la République Démocra- "tique Ukrainienne que la banque de l'Empire a "reçu l'instruction à suspendre les payements pour "compte des actifs ukrainiens jusqu'au règlement "définitif des obligations subsistant entre l'Em- "pire allemand et l'Ukraine". Depuis ce temps un échange réitéré de notes verbales avait eu lieu entre le Ministère des Affaires Etrangères et la Légation Ukrainienne, dans lesquelles celle-ci a insisté à être informé des motifs de cette disposition respectivement à la faire abolir. L'envoyé Ukrainien à Berlin est intervenu à plusieurs reprises dans ce sujet aussi de vive voix au Ministère des Affai- res Etrangères. Ce dernier motiva la disposition mentionnée entre autres, par des raisons suivantes: a) Contre-pré- tentions de l'Allemagne à l'Ukraine pour la déstruction des propriétés allemandes et pour la perte de matériel à l'occasion de la retraite des troupes allemandes; b) prétentions de l'Allemagne au Gouvernement Ukrainien pour les dommages subis par les nationaux allemands dans l'Ukraine et causés car les troupes d'occupation de l'armée rouge de Moscou. En ce qui concerne le point a), le Gouver- nement Ukrainien a proposé à plusieurs reprises de rég- ler les prétentions réciproques; l'Ukraine pourrait y consentir d'autant plus, que, ses propres prétentions pour la destruction de propriété ukrainienne pendant - 14 - l'occupation allemande sont incomparablement plus élevées que les soi-disant contre-prétentions de l'Allemagne. Parfaitement dénué de fondement est le point b), vu que notamment l'armée rouge de Moscou est entrée dans l'Ukraine comme l'armée d'occupation, donc comme l'adversaire de guerre; aux termes de la Convention de la Haye, est responsable des actions illégales et des dommages causés pendant l'occupation à d'autres Etats ou à leurs nationaux le Gouvernement de l'occupation (en ce ces le Gouvernement des Soviets de Moscou) et non l'Etat dont les territoires ont été occupés et dont le pouvoir ne s'étend pas sur les territoires occupés; il faudrait donc que l'Allemagne dirigeât ses réclamations y relatives à l'adresse du Gouvernement des Soviets de Moscou et n'eut pas le droit à en rendre responsable le Gouvernement Ukrainien. Il appert de cet exposé qu'aucun des motifs allégués par l'Allemagne pour son refus de payer au Gouvernement ukrainien son actif de 400 millions de marks est justifié selon le droit international ou le droit commun. Il faut donc qu'il existe d'autres raisons pour cet acte violent et arbitraire. En effet elles sont de nature politique, à savoir: I) Le Président du Directoire actuel de l'Ukraine l'Ataman en chef Simon Petlioura, était à la tête de l'opposition nationale ukrainienne contre l'Hetman Skoropadsky, qui fut soutenu par les Allemands. 2) Simon Petlioura a organisé la révolution contre ce dernier et a créé une armée qui avait obligé Skoropadsky d'abdiquer, après que son Gouvernement avait remis le pouvoir entre les mains du Directoire. - 15 - 3) Le Gouvernement actuel conclut la convention du 21 Avril I920 avec la Pologne et s'arrangea aussi à l'aimable avec la Roumanie; ces arrangements firent naître en Allemagne la plus grande méfiance. Les mesures injustifiées du Gouvernement allemand au sujet du blocage des actifs ukrainiens doivent être considérés comme suite de cette mauvaise humeur politique de l'Allemagne. Ces mesures poursuivant le but de soustraire au Gouvernement de Simon Petlioura la possibilité de pourvoir au besoin de l'armée et d'importer les marchandises nécessaires à la population de l'Ukraine, c'est donc un office d'ami que l'Allemagne a rendu aux bolchévistes moscovites. Le 24 Juin I92I PARIS ALEXANDRE CHOUlGUINE Chef de la Mission de la République Ukrainienne à Paris. HISTOIRE CONCERNANT LES DROITS DE L'UKRAINE AU PAIEMENT PAR L'AUTRICHE DES SOUDS QU'ELLE LUI DOIT AU TITRE DE LA CONVENTION DU 17 JANVIER 1921 Pourquoi et comment les sommes en litas ont été dénoncées dans le livres autro-oucrainien. Suivant la convention conclue entre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie d'une part, et l'Ukraine d'autre part, celle-ci devrait livrer des quantités importantes de blé et des matières premières aux Puissances Centrales, en échan- ge d'articles de fabrication fine, et, notamment de machines d'agriculture. Les Puissances Centrales n'ayant pu remplir les obligations de cette convention d'échange de marchandises, le Gouvernement ukrainien leur accordait la permission d'acheter du blé et des matières premières dans l'Ukraine contre paiement en argent comptant. Mais la population ukrainienne refusa d'ac- cepter les billets de banque allemands et autrichiens, et c'est pour cette raison que le 10 Septembre 1918 les Puissances Cen- trales ont signé avec l'Ukraine une convention pour l'achat de 1600 millions de Carlovnetz (monnaie ukrainienne) contre des sommes équivalentes en bons du Trésor et en espèces (mark et couronnes), toutes sommes déposées dans les banques d'Etat de Berlin de Vienne et de Budapest. C'est ainsi qu'à cette heure, l'Ukraine a en dépôt dans la banque austro-hongroise, des bons du Trésor se montant à 158.400.000 couronnes. Par la convention du 17 Janvier 1921, entre les re- présentants du Gouvernement autrichien et de la République Dém- ocratique Ukrainienne, l'Autriche se dit disposée à payer en ce moment: 51.422.000 couronnes au Gouvernement de l'Ukraine. Cette convention est, par parenthèses, très avantageuse pour l'autriche, car la plus grande partie de ces 51.422.000 couron- nes sera versée à diverses maisons commerciales autrichiennes. D'ail- leurs, l'Ukraine en recevant la dite somme, s'oblige à remettre au Gouvernement autrichien des bons du Trésor pour le somme de - 2 - III.622.000 couronnes. La question de ce versement de 51.422.000 couronnes a été posée devant la Section de la Commission des Réparations sié- geant à Vienne, en vue d'obtenir l'autorisation nécessaire pour le Gouvernement autrichien. La Commission, reconnaissant l'existence de la dette de l'Autriche à l'Ukraine, a décidé de soumettre la question, pour la solution définitive, à la Commission des Réparations à Paris. Par un bref exposé de l'histoire de l'Ukraine depuis 1917, il est facile de prouver que les fonds, déposés dans les banques d'Etats des Puissances Centrales, à la suite de la convention du 10 Septembre 1918, appartiennent à la République Démocratique Uk- rainienne, et à son Gouvernement légitime, constitué par le Prési- dent du Directoire et At- men en chef Simon Petlioura. Fondation et débuts de la République - I - La République Démocratique Ukrainienne a été pro- clamée en 1917. Depuis lors, l'histoire de cette République comp- rend trois périodes: La première période est celle de la Rada Cen- trale. C'est dans l'été de 1917 que fut formé le premier conseil des ministres, lequel prit le pouvoir avec le consentement du Gou- vernement provisoire de Pétrograd, présidé par Kerensky (la sépa- ration complète de l'Ukraine et de la Russie ne devait avoir lieu que le 9 Janvier 1918). Parmi les secrétaire d'Etat de ce premier Cabinet, se trouvaient: M. Simon Petlioura, actuellement Président du Directoire, qui assume le portefeuille de la guerre, et le signa- taire de ce mémoire, M. Alexandre Coulguine r qui fut confié le mi- nistère des A.M.. En Décembre 1917, deux représentants de s pays de l'Entente, H.le Général Ernouis, pour la République Française, et H.le Consul Gézéral Begge, pour le Grande Bretagne, ont été ac- crédités par leurs gouvernements respectifs auprès du Gouvernement ukrainien. - 3 - L'hetmanat de Skoropadsky Durant la seconde période de l'histoire de la République Ukrainienne, les Centraux reconnurent l’Ukraine et, aussitôt, leurs troupes occupèrent ce -ays. Les grands proprié- taires fonciers, s'appuyent sur les troupes, proclamèrent comme chef d'Etat l'hetman Skoropadsky. Le Rada Centrale fut dispersée par les baïonnettes allemandes; plusieurs ministres furent arrêtés. Skoropadsky reste au pouvoir du 29 avril eu 14 décembre 1918, et c'est PAR SES REPRÉSENTANTS QUE FUT CONCLUE A KI- EW, AVEC LES CENTRAUX LA CONVENTION DU 10 SEPTEMBRE 1918. L'abdication de Sko- ropadsky et la remise du pouvoir entre les mains du Directoire présidé par Simon Petlioura. - III - La troisième période de l'histoire de la Ré- publique Ukrainienne s'ouvre par par la révolution contre l'hét- menat de Skoropadsky et l’occupation allemande.- Durant cette occupation, Simon Petlioura avait été nommé Président des Zem- stvos du Gouvernement de Kiev, (élu par le suffrage universel). et, plus tard, président de 1'Union de tous les Zemstvos de l’Ukraine.- Cette situation unique désignait Petlioura comme le chef de l'opposition contre Skoropadsky. Le 15 Novembre 1918 La Ligue Nationale de tous les partis politiques proclama un Directoire comme pouvoir suprême devant prendre la place de l'hétman. Un mois plus tard, (14 Décembre 1918) L'HETMAN SKOROPADSKY ABDIQUAIT, et son Gouvernement, par un acte portant la date du 14 Décembre, resigna ses pleins pouvoirs entre les mains du Directoire. C'est ainsi que celui-ci et son Président, l'atemen en chef Petlioura, devinrent les SUCCESSEURS LEGITI- MES DE L'HETMAN ET LES AYANTS-DROIT POUR TOUS LES FONDS DEPO- - 4 - SUR DANS LES BANQUES ETRANGERES PAR LE GOUVERNEMENT DE L'ETATMAN. En Janvier 1919, un Congrès National, dit Congrès trè- veilliste, où se retrouvaient presque tous les membres de l'en- cienne Rada, confirmait les pouvoirs du Directoire. Le représentation de l'Ukraine à l'Etranger - IV - Toute la population, toutes les institutions d'Etat ont immédiatement reconnu l'autorité du Directoire, de même que toutes les Légations et Missions envoyées par l'etmen Skoropadsky à l'Etranger. Celles-ci ont continué à fonctionner régulièrement jusqu'à ce jour. Le Gouvernement de la République Ukrainienne a, actuellement, des Légations ou des Missions à Paris, à Londres, à Rome, à Bruxelles, à Varsovie, à Bucarest, à Prague, à Berne, à Constantinople, à Sofie, et à Berlin, à Vienne et à Budapest. L'Ukraine a été représentée auprès de la Conférence de la Paix par une Délégation qui a été reçue en 1919 par le Con- seil des Quatre. Cette même Délégation a présenté ses reven- dications à Paris, à San-Remo et à Spa. L'Ukraine a posé sa can- didature auprès de la Société des Nations, à Genève, en vue d'entrer dans cette société. La régularité de cette demande a été reconnue par la Commission de l'Assemblée; mais l'admission de l'Ukraine, comme celle de tous les autres Etats, détachés de l'ancienne Russie, a été ajournée. Toutes les relations diplo- matiques et les principaux actes politiques de l'Ukraine sont exposés dans le Mémoire rédigé par le Secrétariat Général de la Société des Nations et publiée par celui-ci parmi les docu- ments de L'Assemblée ( n° 88). - 5 - La guerre de l'Ukraine contre la Russie des Soviets, en 1919, et ses complications. Le Directoire a exercé jusqu'ici son pouvoir sans aucune interruption. En 1919, devant l'invasion de l'Ukraine par les troupes rouges, le Président Petlioura dut proclamer la guerre contre le Russie des Soviets.- Cette guerre fut menée courageusement malgré des difficultés de toutes sortes; manque de munitions et d'appareils techniques, d'une part, et, d'autre part, complications diplomatiques et événements militaires inattendus. Les pourparlers entamés par le Président Petlioura à Odessa, avec la Mission militaire Française, furent interrompus par l'évacuation de cette ville que l'armée rouge menaçait. L'offensive polonaise, commandée par le général Haller, contre la République Ukrainienne Occidentale (Galicie), e nui beaucoup à la lutte contre le Russie des Soviets, en retirant de cette lutte les forces polonaises et celles de l'Ukraine occidentale. Néanmoins, le Président Petlioura, réussit à reprendre Kiev (Août 1919). Une nouvelle complication surgit: le général Denikine occupa la rive gauche du Dniéper et marcha vers Kiev. Au moment même où le Président Petlioura y effectuait son entrée, Denikine se refusait absolument à s'entendre avec l'Ukraine et à reconnaître son indépendance; il a tiré sur les troupes de Petlioura, et la guerre entre l'Ukraine et l'armée de Denikine s'en suivit. Les bolcheviks profitant de ce désaccord tragique réoccupèrent Kiev. Après une lutte extrêmement dure contre les rouges en même temps que contre les volontaires de Denikine, Petlioura prit la résolution de trait- - 6 - ter personnellement avec ses voisins occidentaux. Il confia ses troupes au commandement du Général Pavlenko et partit pour Varsovie. La convention avec la Pologne, la campagne Polono-Ukrainienne en 1920 et la guerre de partisans- - VI - Le 21 Avril 1920, une convention fut signée à Varsovie entre la Pologne et l'Ukraine. Le Gouvernement du Directoire était reconnu par la Pologne comme le gouvernement légal et régulier de l'Ukraine. L'attitude des Bolcheviks ayant déclenché la guerre de la Pologne contre la Russie des Soviets, les armées polonaises commencèrent la campagne de 1920 avec, à leur droite, l'armée de la République Démocratique Ukrainienne, dirigée par le Président et Ataman en chef Petlioura. Ces armées prennent l'offensive, s'emparèrent de Kiev; mais une contre-offensive de l'ennemi réussit à repousser les alliés, et les troupes russes se ruèrent sur Varsovie. On sait que l'héroïsme patriotique des Polonais et l'intervention décisive du général Weygand défirent les troupes rouges et assurèrent la victoire. Dans le même temps, l'Ataman en chef Petlioura avait repris l'offensive contre l'invasion bolchevique et avait délivré les astres territoires de la Volhynie, de la Podolie et du gouvernement de Kiev. La Pologne ayant brusquement signé les préliminaires de Riga et Wrangel s'étant embarqué subitement pour Constantinople, les troupes des Soviets retenues sur le double front purent concentrer leurs efforts en Ukraine, et cela, au moment même où l'Ataman en chef Petlioura était obligé de renvoyer dans leurs foyers plus de 75.000 de ses soldats, à cause du manque presque total de fusils et de munitions.- Réduite à 45.000 combattants - 7 - et ne possédant plus que 100.000 corteoules, l'armée de la Répub- lique Ukrainienne, malgré son obstiné courage, se trouvait dans l'impossibilité de tenir la campagne. L'atamen en chef se résolut à interrompre la lutte de l'armée régulière; il désarma en Pologne une trentaine de mille hommes de cette armée, laissant au reste le soin de diriger sur le sol natal le peuple insurgé et de sou- tenir une guerre de partisans qui n'a jamais été aussi vive et aus- si puissante qu'en ce moment. Les insurgés mènent à la fois la lutte pour délivrer l'Ukraine du joug étranger et pour consolider le République Démoc- ratique Ukrainienne. Ils reconnaissent comme chef de cette Répub- lique l'Atamen en chef Simon Petlioura dont la popularité en Ukrai- ne est général et indiscutable. Le Directoire, la Rada de la République et le Conseil des Ministres - VII - On l'a vu plus haut: le Directoire a exercé sans interruption depuis l'abdication de l'hetman Skoropadsky, le pouvoir légal qu'il exerce encore. Mais certains changements se sont opé- rés dans la composition du Directoire. Celui-ci comprenait tout d'abord cinq membres. En 1919, deux d'entre eux démissionnèrent. Deux autres qui, tout en gardant leurs titres de directeurs, se trouvent en ce moment en congé pour des raisons personnelles, ont confié tout le pouvoir à Simon Petlioura, Président du Directoire et Atamen en chef des armées ukrainiennes. Le Président du Directoire ne dirigea, pendant un certain temps, les affaires de la République qu'avec le cabinet des ministres, et cela parce que les événements militaires qui se dé- roulaient en Ukraine ne permettaient pas de réunir une assemblée représentative. Malheureusement, devant la ruée des troupes bol- - 8 - chevistes en novembre 1920, le Gouvernement de la République dut passer en territoire polonais -(à Tarnov, en Galicie orientale) en même temps que celle des troupes qui, comme nous l'avons dit, furent désarmées. A la faveur d'une tranquillité relative, le Con- seil des Ministres décida de compléter la Constitution, et il élabora un projet de loi concernant la Rada de la République (Parlement provisoire). Le chef de la République : Simon Petlioure confirma cette loi d'après laquelle LA RADA DE LA REPUBLIQUE EST INVESTIE DU POUVOIR LEGISLATIF DEVANT QUI LE GOUVERNEMENT EST RESPONSABLE. La Rada se composedes représentants de tous les partis existant en Ukraine, des représentants de toutes les organisations et institutions importantes, ainsi que des représentants des dif- férentes nationalités qui sont en minorité en Ukraine (le Polonais les Juifs etc.) La Rada devait fonctionner jusqu'au moment où la convoca- tion d'un parlement régulier deviendrait possible. Le 22 février 1921, à Tarnow, eut lieu la première sé() ance de la Rada de la République qui, pendant trois mois, a poursuivi régulièrement ses travaux et a élaboré plusieurs lois essen- tielles. Le 25 Mars 1921, un nouveau Cabinet parlementaire des Ministres fut formé sous le présidence de M. Prokopovitch; M. André Livitzky qui jusqu'alors avait présidé le Conseil, était appelé à la vice-présidence et recevait aussi le portefeuille de la Justice; M. André Nikovsky recevait celui des Affaires Etran- gères, et le Général Pavlenko celui de la Guerre. Le Rada de la République a voté sa confiance complète à ce cabinet, après avoir entendu la déclaration de M.Prokonovitch. - 9 - A la suite de la situation créée par la signature du traité entre la Pologne et le Gouvernement des Soviets, la Rada décida d'interrompre ses séances et, dans sa dernière séance (avril 1921) elle adopta la loi concernant la formation d'un Conseil qui prit le nom de Petite Rada. D'après cette loi, La Petite Rada comprend des représentants de tous les partis de l'Ukraine, et elle remplit les fonctions de la Rada de la République tant que les séances complètes de cette dernière Rada ne seront pas devenues possibles. Le soi-disant Gouvernement de l'Ukraine soviétique dirigé par Rakovsky. - VIII - Dans un rapport portant la date du 8 avril 1921 et adressé au Secrétariat Général de la Commission des Réparations, M. Beate, adjoint juridique de cette commission, après avoir parlé sommairement de la Période de l'Hetmanat (voir notre paragraphe 2) écrit sans aucune transition: "Or, depuis "l'époque ci-indiquée, l'organisation politique du peuple "ukrainien a subi des changements considérables. Après de "longues luttes contre le pouvoir bolchévique la Russie Méridionale se trouve actuellement occupée dans sa totalité par les armées rouges. En dépit du mouvement contre-révolutionnaire qu'on annonce de certaines régions, les "autorités officielles de Kiev paraissent faire partie "de l'organisation soviétique". Ainsi M. Beate a passé sous silence tous les événements que nous avons exposés dans les paragr. 3,4,5,6, et 7. Au surplus nous sommes obligés de citer dans quelle mesure l'Ukraine est "occupée" par les bolchévistes et de mettre en lumière la phrase vague de M. Beate: "Les autorités officielles de - IO - Kiew paraissent faire partie de l'organisation soviétique". Il est bien connu que lorsque les bolchevistes enva- lissent un pays, ils se déclarent prêts à reconnaître ses droits et son indépendance. C'est de cette façon qu'ils ont reconnu "de jure" l'Ukraine et qu'ils la font reconnaître par tous ceux d- avec qui ils traitent. Ils ne demandent, disent-ils, qu'à "libérer le pays de son "gouvernement bourgeois". Sur les arrières de leur armée d'invasion, ils préparent toujours un "gouvernement" soviétiste. C'est ainsi qu'ils avaient formé un "gouvernement" de cette sorte pour la Pologne, lequel, heureusement, n'a pas pu arriver jusqu'à ce pays. C'est ainsi qu'ils ont créé des "gouvernements" p- pour le Azerbaïdjan et la Géorgie. Ils ont fait de même pour l'Ukraine. Il existe, en effet (à Kakow), un soi-disant "gouver- nement" des "commissaires du peuple", présidé par M.Rakovsky, homme d'origine bulgaro-roumaine et agent international de Lé- nine. Au reste, il est à remarquer qu'aucun de ces commissaires du peuple n'est de race ukrainienne: tous viennent de Moscou. Tous les partis Ukrainiens, y compris ceux qui appar- tiennent à la plus extrême gauche, sont violemment opposés au régime de terreur apporté du nord. Les paysans de l'Ukraine sont absolument inaccessibles aux idées communistes parce qu'ils sont de petits propriétaires fonciers et individualistes. D'autre part, leur sentiment national ne peut supporter le joug étranger. Il convient d'ajouter que les bolchevistes se sont tout de suite comportés comme des pillards brutaux, enle- vant le blé, raflant les richesses de l'Ukraine, sans rien donner en échange. Ils ont établi ou essayé d'établir dans toutes les lo celités ukrainiennes où ils ont pénétré un régime d'oppression - II - nationale et personnelle tout à fait insupportable et qui n'a eu pour résultat que de augmenter de plus en plus la popularité déjà énorme du Gouvernement légitime de la République Ukrainie- nne et de Simon Petlioura. Cette haine de l'envahisseur explique la permanence, la généralisation et la fureur des insurrections ukrainiennes qui ont réussi à localiser le pouvoir bolchevique dans les seules grandes villes et sur les grandes voies ferrées. L'ennemi n'ose plus aujourd'hui s'aventurer dans les campagnes s'il ne dispose d'une réelle force armée. C'est ainsi que la plupart des dis- tricts, que tous les villages et que presque toutes les villes moyennes possèdent leur administration indépendante (ou a peu près indépendante) de l'autorité des occupants. C'est dire en toute vérité que le "gouvernement" présidé par M.Rakovsky ne peut pas être tenu pour autre chose que la QUARTIER GENERALE DES TROUPES ROUGES D'OCCUPATION EN UKRAINE, et qu'on ne peut considérer le régime imposé dans les localités de l'Ukraine occupées par les troupes rouges que comme UN REGIME TERRORISTE D'OCCUPATION MILITAIRE. Tous les rapports, tous les témoignages qui, en abon- dance, arrivent de l'Ukraine, confirment cette vérité. Du reste M.Rakovsky lui-même le confirme par la férocité des décrets et des ordres qu'il a fait afficher dans l'Ukraine opprimée et par lesquels il menace les populations suspectées de sympathie pour les patriotes insurgés qu'il traite de "bandits". Voici un extrait d'un de ces décrets: 1°.- Tout chef de bande, aussi bien que ceux "qui en font partie sont déclarés hors des lois. Tout ban- "dit fait prisonnier sera fusillé sur place comme un en- "nemi du Gouvernement des ouvriers et des paysans. - I2 - 2°.- Les proches parents du bandit seront saisis " comme des otages et dirigés sur les camps de concen- tration". Les biens des bandits et de leurs proches "parents seront confisqués au profit des pauvres paysans " de l'endroit. 3°.- Les villages qui aideront les bandits en leur "fournissant soit des véhicules, des chevaux, ou des vo- lontaires, seront bloqués militairement et punis. Les "punitions seront les suivantes: a) contribution en nature; b) contribution en argent; c) confiscation des biens des paysans riches; d) bombardement des villages et e) leur anéantissement complet". (Document de l'Assemblée n° 214, Société des Nations, 16 Décembre 1920 - p. 3). "République Démocratique Ukrainienne Occidentale". - IX - Dans le rapport susmentionné, M.Ecte écrit aussi: "Il existe, toutefois, encore une autre repré- sentation politique ukrainienne, ayant pris son origine dans les événements qui se sont produits en Galicie, après la dissolution de l'ancienne Autriche-Hongrie. Un comité natio- nal ukrainien, qui s'est alors formé à Lemberg, sert surnommé "Gouvernement de - 13 - l'Union Occidentale". Quoique dépourvu, lui aussi, dès l'occu- pation de la Galicie Orientale par les Polonais, de "tout pouvoir effectif, il entretient à Vienne une "Légation, portant actuellement le nom de Légation "de la République Démocratique de l'Ukraine," Et il ajoute plus loin: "Une chose paraît certaine, c'est que le Gouverne- ment de la République de l'Ukraine ne s'est jamais "trouvé en aucun rapport effectif avec les régions "de l'ancienne Russie (Kiev, Karkow, Odessa)". Après tout ce que nous avons déjà dit dans le présent mé- moire, il est inutile de répéter que le Gouvernement de la République Démocratique Ukrainienne et le Directoire sont l'émanation même de la Grande Ukraine, c'est-à-dire de l'Ukraine ne qui faisait partie de l'ancienne Russie. Mais il est néces- saire de constater que M. Pette a confondu deux choses absolu- ment différentes: la République Démocratique Ukrainienne, représentée par le Président du Directoire Petlioura, et "la République Démocratique Ukrainienne Occidentale" en elle sus- si officiellement "République de la Galicie". Tandis que la première, celle qui faisait partie de l'ancienne Russie, était proclamée dès l'année 1917, la "République de la Gali- cie" ne date que de l'effondrement de l'Autriche-Hongrie (octobre 1919). Pour mieux montrer la confusion faite par M. Pette, nous sommes obligés d'exposer en quelques mots très brefs l'histoire de la "République de la Galicie". Au moment de la chute de l'Autriche, les Ukrainiens de la Galicie ont constitué un Conseil national sous le présidence du docteur Lugène Petrouchevitch. Ce conseil a formé le "Secrétariat - 14 - d'État de la République Ukrainienne Occidentale". Le 4 Janvier 1919, fut proclamée l'union des deux Républiques ukrainiennes sur des bases garantissant à chacune d'elles une indépendance à peu près complète. Presque dès sa fondation, le "Republique de la Galicie" se trouva en état de guerre avec la Pologne qui, à la suite de l'offensive du Général Haller, occupe toute la Galicie et obtint plus tard du Conseil Suprême un mandat l'au- torisant à maintenir cette occupation. L'armée et le Gouverne- ment de la Galicie passèrent alors (été de 1919) en Grande Uk- raine (à Kamenetz, qui était en ce moment-là le siège du Direc- toire) et prirent une part heureuse dans la lutte contre les bolchevistes. Mais cette union des Gouvernements des deux Uk- raines n'était pas durable. Le ruptute commença par la capita- lation des troupes de la Galicie devant Derkine; et elle de- vint complète après l'alliance du Président Petlioura avec le Pologne que le Conseil National de la "République de la Gali- cie" considère comme son ennemie mortelle. Au lendemain de ces événements, le Conseil National s'installe à Vienne ou il avait déjà une légation que M. Beete a confondu avec celle que la République Démocratique Ukrainienne possède également à Vienne. Le Conseil National de la Galicie continue à élever devant la Société des Nations et le Conseil Suprême des pro- testations contre le mandat donné à la Pologne en ce qui con- cerne la Galicie, et à réclamer la constitution d'une Répub- lique indépendante de l'Ukraine occidentale. Il est de toute évidence que la "Republique de la Ga- licie" et son Conseil National ne peuvent aucunement être con- sidérés comme des ayants-droits sur des fonds qui ont été dé- posés par le Gouvernement de Skoropadsky à une date où le Ga- licie faisait partie de l'empire austro-hongrois. M. Beete - 15 - invoque lui-même l'article 205, alinéa 5, du Traité de Saint Germain, article qui figure dans la Convention du 17 Janvier 1921, signée entre l'Ukraine et l'Autriche, et il constate très exactement que le Gouvernement autrichien a objecté que son obligation envers l'Ukraine rentrait dans les cadres des dettes de guerre représentées par des titres et que, par con- séquent, il pourrait s'en reconnaître responsable, d'après l'esprit de cet article 205, dans le cas seulement où l'Uk- raine ne recevrait aucune partie de l'ancien territoire aut- richien. Au reste, voici le texte intégral de l'alinéa 5 de l'article en question: "Les Etats ci-dessus mentionnés, à "l'exception de l'Autriche, ne seront tenus d'aucune "obligation à raison de la dette de guerre de l'ancien "Gouvernement autrichien, en quelque lieu que se trou- "vent les titres de cette dette, mais ni les Gouver- "nements de ces Etats, ni leurs ressortissants , ne pourront, en aucun cas, exercer de recours contre d'autres "Etats, y compris l'Autriche, pour les titres de "dette de guerre, dont eux-mêmes ou leurs ressortis- "sents sont propriétaires." On ne saurait mieux démontrer que le Conseil Na- tional de la République de la Galicie, en tant que représen- tant d'un territoire autrefois autrichien, ne peut élever aucune prétention sur les fonds en cause, déposés dans le banque austro-ongroise. D'ailleurs, ce Conseil National se considère comme successeur de l'Autriche, en ce qualité, il a présenté récemment une note adressée au Conseil des Amis- sadeurs à propos de la liquidation de la Banque Austro-ong- roise. - 16 - Conclusions. - X - Nous l'avons vu: le seul Gouvernement légal de l'Ukraine est celui du Directoire. Nous avons vu également que ce Gouvernement est l'unique successeur du Gouvernement de Skoropadsky en ce qui concerne les droits sur le fonds déposés par ce dernier dans le Banque austro-lingroise. Il est certain que, dans l'avenir, aucun Gouver- nement ukrainien ne pourra, sous n'importe quel motif, mé- t.,dre que l'Autriche n'avait pas le droit de signer le Con- vention du 17 Janvier et de payer la somme de 51.422.000 de couronnes au Gouvernement actuel de l'Ukraine. D'autre part, il est absolument nécessaire de prendre en considération l'article 2 de cette convention. Selon cet article, le Gouvernement de l'Autriche payera de la façon suivante la somme due à l'Ukraine (en couronnes): 1°.- En règlement des commandes de manuels scolaires, faites par la Mission Pédagogique de la République Dém- ocratique ukrainienne: A la Maison autrichienne de publication des manuels scolaires...... 12.750.000 A l'Imprimerie-Cristophe Reisser et Fils....... 2.250.000 2°.- En règlement des réclamations de la Société d'Im- portation et d'Exportation "Ost" à Vienne, lesquelles réclamations devront être vérifiées et acquittées par le contre-agent ukrainien Au maximum...... 4.000.000 - 17 - 3°.- Enn règlement des réclamations de la Société d'importation et d'exportation "Omnio" à Vienne................... 27.922.000 4°.- A la Mission Ukrainienne pour les affaires des prisonniers de guerre (à la Croix-Rouge Ukrainienne.............. 2.000.000 5°- Pour l'entretien de la Légation d'Ukraine à Vienne et pour les oeuvres de secours aux réfugiés Ukrainiens dirigées par ladite Légation......... 2.500.000 soit au total...51.422.000 Ce tableau montre que seulement 4.500.000 couronnes autrichiennes seront versées entre les mains des représentants du Gouvernement Ukrainien, 2.000.000 de couronnes devront aller à la Croix-Rouge et 2.500.000 à le Légation Ukrainienne qui est chargée de venir en aide aux émigrants ukrainiens. En ce qui concerne le reste de la somme ce même tableau montre qu'elle sera versée à des maisons sutriciennes (et directement à leurs représentants). Nous pouvons donc en terminant présenter un dernier argument contre le thèse de M. Feete, qui craint que, plus tard "un nouveau réclamant" puisse discuter la validité du payement en question. Il est en effet certain qu'aucun gouvernement ukrainien futur ne pourra même songer à discuter un règlement qui va permettre à l'Ukraine de régler ses dettes en Autriche et de secourir (dans une bien faible mesure, il est vrai) la misère indicible de ses réfugiés. Alexandre Choulguine Chef de la Mission de la République Ukrainienne à Paris Paris, le 4 Juin 1921. MEMOIRE remis à Monsieur Aristide BRIAND, Président du Conseil des Ministres, Ministre des Affaires Etrangères par M. Alexandre CHOULGUINE, Chef de la Mission de la Ré- publique Ukrainienne La Mission de la République Ukrainienne à Paris a l'honneur d'attirer l'attention du Monsieur le Président du Conseil, Ministre des Affaires Etrangères, sur trois questions I°. L'affaire des fonds déposés par le gouvernement ukrainien dans les banques d'Etats dés Empires centraux. 2°. La situation actuelle de l'Ukraine et les aspi- rations de son gouvernement. 3°. La politique dans l'Est européen. - I - L'AFFAIRE DES FONDS Par la convention conclue en 1918 entre l'Ukraine d'une part, et l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, d'autre part celles-ci s'engageaient à livrer des articles de fabrication fine et notamment des machines agricoles en échange des quantités importantes de blé et des matières premières que l'Ukraine avait livrées aux Puissances centrales. Ces dernières n'ayant pu remplir leurs obligations le Gouvernement Ukrainien leur accorda la permission d'acheter du blé et des matières premières dans l'Ukraine contre payement en argent comptant. Mais la population ukrainienne refusa d'accepter les billets de banque allemande - 2 - et autrichiens. C'est pourquoi le 10 Septembre 1919, les Puissances Centrales signèrent à Kiev avec l'Ukraine une convention pour l'achat de 1600 millions de Carbovanetszes (monnaie ukrainienne) contre des sommes équivalentes en bons du Trésor et en espèces (marks et couronnes), toutes sommes déposées dans les banques d'Etat de Berlin, de Vienne et de Budapest. A cette heure, l'Ukraine a en dépôt dans la banque allemande 400.000.000 marks et, dans la banque austro-hongroise des bons du Trésor se montant à 158.400.000 couronnes. La susdite convention portait pour l'Ukraine, la signature du ministre du commerce de l'hétman Skoropadsky et les fonds ont été déposés dans les dites banques par le gouvernement de l'hétman. Il est connu qu'après l'armistice général, une révolution du peuple ukrainien a obligé Skoropadsky à abdiquer (14 décembre 1918). Le même jour, le gouvernement de l'hétman a remis ses pouvoirs entre les mains du Directoire, lequel représenté par son Président Petlioura, est devenu l'ayant-droit sur les fonds déposés en Autriche-Hongrie et en Allemagne. Au reste, en 1919, le Directoire a, à plusieurs reprises, touché des comptes sur les sommes déposées à la banque austro-hongroise. Mais plus tard, les Puissances centrales ont mis séquestre sur les dépôts du l'Etat ukrainien. Malgré cela, avec l'Autriche et la Hongrie, des conventions ont pu être obtenues suivant lesquelles ces puissances s'engageaient à payer au Directoire ukrainien une partie des valeurs déposées. A la suite de quoi, en mai 1920, 25.000.000 de couronnes hongroises ont été versées à l'Ukraine. Deux nouvelles conventions ont été signées l'une et l'autre cette année, et les textes en ont été remis à la Commission des Réparations. En ce qui concerne l'Allemagne, aucune entente n'a pu être réalisée, pour les raisons que j'ai exposées dans les - 3 - conclusions de mon mémoire du 24 Juin dernier. Le gouvernement ukrainien a espéré obtenir cet argent avec l'aide de la France auprès de laquelle des démarches ont été faites dans ce but par mon prédécesseur le comte Tyszkiewicz. Le 26 Juin, j'ai eu l'honneur d'être reçu par M. Perretti de la Rocca qui m'a dit qu'une note avait été adressée par le Ministère des Affaires Etrangè- res à la Commission des Réparations concernant les fonds de l'Ukraine déposés en Allemagne. Cette entrevue m'a lais- sé comprendre que les renseignements qui sont parvenus à Monsieur le Directeur politique étaient inexactes. La note en question devait contenir l'affirmation erronée que les fonds susdits étaient déposés en or comme garantie du traité de paix de Brest-Litovsk, ou du moins en vertu de ce traité. M. Perretti de la Rocca m'a dit aussi qu'en vertu du traité de Versailles, ces fonds devaient, après examen de la Commission des Réparations, être rendus par l'Allemagne et gardés par cette Commission. Nous sommes absolument d'accord sur le fait que l'Allemagne doit rendre ces fonds; et nous avons main- tes fois protesté contre l'attitude de ce pays qui dé- tient des fonds appartenant à mon gouvernement et à lui seul. Mais nous osons espérer qu'après tous les renseig- nements que j'ai eu l'honneur de fournir au Ministère des Affaires Etrangères le Gouvernement Français n'insistera pas sur la question de la conservation des fonds, par la ceisse de la Commission des Réparations. Je crois de mon devoir d'attirer votre attention Monsieur le Président, sur l'effet que pourrait produire - 4 - sur mes compatriotes l'initiative prise par la France d'une mesure qui les empêcherait une nouvelle fois de toucher un argent incontestablement dû à leur gouverne- ment. Le séquestre mis par l'Allemagne sur cet argent est justement considéré par nous comme un acte d'hostilité. Il serait déplorable que l'attitude de la France pût être considérée de même par notre jeune République si profondément francophile. En réalité les véritables responsabilités ukrain- ne au sujet de ces fonds seraient que le Gouvernement Français, en reconnaissant au gouvernement ukrainien des droits précis sur ces fonds, acceptât le mandat de les obtenir de l'Allemagne et de les garder en dépôt, en tenant compte cependant que, selon une convention entre la Fran- ce et l'Ukraine, une partie de cet argent devrait nous être donnée pour les besoins immédiats de notre gouver- nement et pour d'urgents secours à nos réfugiés. - II - LA SITUATION ACTUELLE DE L'UKRAINE Alors que le Gouvernement légal de la Russie était en porté par l'ouragant révolutionnaire et que son ancien chef déguisé en matelot, s'enfuyait à l'étranger le Gouvernement légal de l'Ukraine, quoique obligé par deux fois à franchir la frontière devant l'ennemi, a toujours conservé son existence et ses fonctions et n'a pas un instant cessé de remplir son devoir: il dirige -5- toujours la lutte à mains armées contre les envahisseurs et les pillards. Le Gouvernement légal de l'Ukraine se compose: Du Directoire qui est représenté par son président l'Ate man en chef Simon Petlioura, Du Conseil des Ministres, qui a pour président M.Proko- povitch et pour vice-président M.Livitzky et le Ministre des Affaires Etrangères M.Nikovsky. De la Rada de la République, parlement provisoire dans lequel sont représentés tous les partis, les zemstvos, les coopératives etc., et dont le président est le profe- sseur Czopivsky. Le Gouvernement ukrainien a pour but: de délivrer l'Ukraine de l'invasion des troupes rouges de la Russie des Soviets, de rétablir l'ordre en Ukraine, de convoquer une Constituante. On le voit: la première tâche de notre gouver- nement est libérer le sol natal des bolcheviks. La lut- te contre ces derniers a commencé à la fin de l'année 1917. Après quelques mois d'interruption (au moment de l'occupation allemande), cette lutte a repris quand l'Ateman en chef Petlioura s'est mis à la tête des ar- mées nationales (14 décembre 1918). Le guerre menée par M. Petlioura comprend tro périodes: en 1919, il combat, sans l'aide d'aucun allié, contre les bolcheviks en même temps que contre Denikine qui n'a pas voulu entrer en pourparlers avec le gouver- nement ukrainien de façon à vaincre l'ennemi commun. - 6 - En 1920 (le 21 avril) le Gouvernement ukrainien signe une convention avec la Pologne et mène, de concert avec celle-ci, une campagne contre les troupes de Soviets. Après les préliminaires de Riga et la chute de Wrangel, les armées ukrainiennes se trouvent seules pour combattre les bolcheviks. N'ayant pas des armes non plus que des munitions suffisantes pour soutenir un front régu- lier de bataille, mais décidé à la lutte à outrance, l'Ata- man en chef Petlioura ordonne une guerre de partisans. C'est ainsi que, sur le sol de l'Ukraine, la guerre contre les bolcheviks, dirigée par notre gouvernement légal, est faite à l'heure actuelle par notre pays tout entier. Loin de décourager les Ukrainiens, quatre ans de lutte sanglante contre les Russes moscovites n'ont fait qu'accroître leurs sentiments patriotiques et exciter leur désir obstiné d'indépendance nationale. Les bolcheviks ne possédant en réalité que les grandes villes dans lesquelles ils peuvent maintenir des garnisons. Les villes moyennes et plus encore les villa- ges et la plaine échappent à leur pouvoir. Mais pour se débarrasser de leurs ennemis, il manque aux Ukrainiens des armes. Il leur manque aussi la puissance d'une organisation régulière. Le gouvernement ukrainien et son chef Petlioura m'ont donné la grave mission de faire connaître à la France que, sans son aide matérielle, nous considérons aujourd'hui plus que jamais, le lutte comme extrêmement difficile et comme devant se prolonger longtemps encore en augmentant inutilement les morts sanglants et la ruine des richesses de mon pays. - 7 - Or, d'après ce qui m'a été dit à plusieurs reprises au Ministère des Affaires Etrangères, une aide matérielle ne pourrait pas nous être donnée directement par la France pour cette raison principale que celle-ci ne disposait pas des crédits que nécessiterait une telle action. Mais par sa seule aide morale, la France peut aussi nous aider matériellement, en ce sens qu'elle peut nous faciliter l'obtention de fonds qui nous appartiennent et qui sont séquestrés par les Allemands. - III - LA POLITIQUE DANS L'EST EUROPÉEN Un évolution des régimes des Soviets russes nous paraît totalement impossible. En conséquence, il nous semble de toute évidence que ce régime de violence sauvage et d'aveugle destruction est appelé à s'effondrer brusquement. Qui le remplacera? Notre connaissance de la Russie, notre documentation sur tous les faits qui se sont déroulé dans ce pays et qui s'y déroulent encore, l'état d'esprit des émigrants russes qui sont en désaccord absolu entre eux tout cela nous prouve qu'il n'y a à cette heure aucune force russe qui soit capable de prendre et moins encore de tenir le pouvoir. A l'anarchie organisée dont nous voyons actuellement les effets terribles succédera fatalement une anarchie non organisée. Il n'est pas du reste impossible que de ce second système d'anarchie ne puisse sortir une force saine, appelée à exercer un certain pouvoir. Mais durant cette anarchie et même quand ce pouvoir sera réalisé, la Russie sera incapable de retrouver toutes ses anciennes provinces. La reconstitution d'une Russie - 8 - une et indivisible est à jamais impossible. L'une des deux faits les plus remarquables dont l'Est européen a été le théâtre, depuis la grande guerre mondiale, est la reconstitution de la nation polonaise. Le second fait réside dans la volonté proclamée par la vaste patrie ukrainienne de disposer elle même de ses destinées, volonté sans cesse manifestée par des votes solennels et par une lutte sanglante. Jusqu'ici la France ne s'est appuyée dans l'Est européen que sur la Pologne et sur la Roumanie. Ce groupement, si fort qu'il puisse être, ne pourra pas constituer un appui décisif pour la France tant qu'il ne se sera pas adjoint l'Ukraine. L'existence de la Pologne, placée entre une Russie de plus en plus orientée vers l'Allemagne et l'Allemagne elle-même, ne pourra être assurée sans l'existence d'une Ukraine robuste, grande et libre. Par l'union de ces trois nations auxquels s'adjoindraient tout naturellement les pays réverains de la Mer Noire et notamment les Républiques du Caucase, la France aura dans le proche Orient un faisceau tout puissant d'alliées et d'amis. Elle sera en effet garantie contre la néfaste influence de l'anarchie russe et contre toutes les éventualités possibles en Europe centrale. Le 21 avril 1920, le Gouvernement ukrainien a signé avec la Pologne un traité d'alliance par lequel la Pologne reconnaît de jure l'Ukraine et renonce à toutes les terres ukrainiennes que se trouvent à l'est de ses frontières momentanées. D'autre part, le Gouvernement ukrainien a conclu des arrangements avec nos frères du Kouban et nos amis du Don, ainsi qu'avec un groupement russe, présidé par M.Savinkoff, qui a formellement reconnu l'indépendance - 9 - de l'Ukraine. Enfin, le Gouvernement ukrainien entretient les meilleures relations avec ses grands voisins roumains et il semble près d'entrer en relations plus étroites avec les Républiques caucasiennes. En s'adressant aujourd'hui à la France, le Gouvernement ukrainien ne lui demande dans la question politique comme dans la question économique, que la toute puissance de son soutien moral. Au Ministère des Affaires Etrangères Monsieur Peretti de la Rocca et Monsieur Grenard m'ont dit maintes fois que la France était décidée à n'intervenir dans aucune affaire russe intérieure: et c'est une des raisons pour lesquelles elle prétend qu'elle ne peut nous aider en ce moment. Mais nous affirmons une fois de plus que les affaires de l'Ukraine n'ont rien à voir avec les affaires russes intérieurs. L'Ukraine a proclamé son indépendance en 1917 et la gratitude ukrainienne n'oubliera jamais que c'est le représentant de la France auprès du Gouvernement ukrainien, Monsieur le Général Tabouis, qui a salué le premier notre jeune République. Il est facile d'établir que l'Ukraine est actuel- lement envahie par des troupes rouges, composées de Mosco- vites, de Lettons, de Chinois et de toutes sortes de gens étrangers à l'Ukraine. Or, le Gouvernement ukrainien ne demande aux Soviets russes que de retirer de l'Ukraine ces troupes rouges. Et c'est précisément sur ce point que mon Gouvernement a l'honneur de solliciter la soutien moral de la France. ALEXANDRE CHOULGUINE Paris, le 3 Août 1921 N/3 Le Président de la Mission Ukrainienne à Paris COPIE A Son Excellence Monsieur le PRÉSIDENT du Conseil Suprême à PARIS. Paris, le 3 Août 1921 Monsieur le Président Au nom: de mon Gouvernement, j'ai l'honneur de présenter en votre personne au Conseil Suprême les considérations suivantes: une famine sans pareille de- sole les plaines de l'Europe orientale. Seule, quelques départements à part, l'Ukraine a jusqu'ici échappé à ces désastres. Dans quelques régions même, et notamment dans les provinces de Kiev et de podolie, le récolte s'annonce comme au-dessus de la moyenne. Mais la famine qui sévit chez ses voisins russes est pour l'Ukraine un danger terriblement menaçant. Les en- vahisseurs rouges de notre pays manifestent une brutalité de plus en plus exigeante pour arracher à nos paysans le blé qui jusqu'à cette heure ils sont assez heureusement parvenus à sauvegarder du pillage. En outre, nous apprenons que des masses énormes de populations affamées se dirigent vers l'Uk- raine. Il est évident que le lutte sanglante qui se déroule depuis des années sur notre sol, entre les Russes bolcheviks et les Ukrainiens, deviendra dans ces conditions plus farou- che et plus devastatrice qu'elle ne l'a jamais été. Cette dévastation, en consumant la ruine de l'UK- raine, ne diminuera en rien la misère immense des Russes, à qui détruiront plus facilement tous le pays qu'ils n'obtien- dront des paysans le blé et autres produits cachés. - 2 - Le gouvernement russe reconnaît lui-même officiellement qu'il ne peut rien obtenir de l'Ukraine. Une seule solution heureuse est possible. Elle consisterait dans l'intervention du Conseil Suprême qui pourrait imposer au gouvernement russe des Soviets le retrait des troupes rouges de l'Ukraine et la conclusion de la paix avec le gouvernement légal de l'Ukraine dont je suis le représentant. Au nom de ce Gouvernement et du chef de la République Simon Petlioure, j'affirme que, dès que cette paix serait signée, mon gouvernement serait tout prêt et tout disposé à faire de l'Ukraine le base internationale du ravitaillement de la Russie. La libération de notre sol par les soldats rouges et par les agents bolcheviks, la présence à Kiev de notre gouvernement et de l'Ataman en chef Petlioure qui a la confiance absolue de tout notre peuple donneront le possibilité immédiate de disposer du blé superflu qui se trouve en ce moment caché dans nos campagnes. D'autre part, le rétablissement du commerce en Ukraine facilitera plus encore l'obtention du blé oacré. Rien ne s'opposerait à ce qu'une partie de ce blé fût envoyé en Russie. D'autre part, à la faveur de ses ports de la Mer Noire et nommément d'Odesse et par ses frontières occidentales, l'Ukraine pourrait recevoir tous les envois de l'étranger en denrées et médicaments, également nécessaires pour la Russie et pour l'Ukraine. - 3 - Il va sans dire, Monsieur le Président, que je suis et demeure à votre disposition pour vous donner tous les renseignements complémentaires dont vous pourriez avoir besoin, et je vous prie de vouloir bien agréer l'homage renouvelé de ma considération la plus haute. ALEXANDRE COULQUIN LA RADA NATIONALE UKRAINIENNE à Vienne. Les événements dont l'Ukraine a été le théâtre au cours de ces dernières années ont obligé les Ukrainiens de la Grande Ukraine, de la Galicie, de la Bucovine et du Kouban à recourir à l'hospitalité étrangère. En conséquence de leur proximité, la Tchéco-Slovaquie et l'Autriche ont reçu un nombre spécialement élevé de ces Ukrainiens. Les réfugiés de Vienne ont fondé une Rada (Conseil) Nationale, composée des représentants des différents partis, groupements, comités, etc.; qui se trouvaient dans cette capitale. Les premières réunions de cette Rada Nationale ont eu lieu au mois de Février dernier, et elles ont arrêté une base d'action générale dont les points principaux sont les suivants: La Rada Nationale considère le gouvernement, "soi-disant ukrainien" des Soviets en Ukraine lequel a Rakovsky à sa tête, comme un pouvoir d'occupation soumis totalement au gouvernement des Soviets de Moscou, et elle constate en même temps que le peuple ukrainien est unanimement et inébranlable dans ses aspirations à l'indépendance. Elle constate aussi que sur les territoires habités par les Ukrainiens se sont formés trois centres d'organisation politique: La République Démocratique Ukrainienne (Grande Ukraine), La République Ukrainienne Occidentale (Galicie orientale) et la République du Kouban, dont les situations internationales sont différentes. Depuis sa première séance, cette Rada s'efforce de concilier les divergences politiques qui séparent la Galicie et la Grande Ukraine. Ainsi cette Rada Nationale de Vienne ne constitue pas une représentation officielle de la République Ukrainienne - 2 - et ne se considère pas d'ailleurs comme telle. Aussi faut-il se gar- der de la confondre avec la Rada de la République Ukrainienne qui se trouve actuellement à Tarnow, résidence provisoire du Chef de la République Simon Petlioura et du Gouvernement ukrainien, et qui est reconnue et fonctionne comme le Parlement Provisoire de la Répub- lique, étant composée des représentants de tous les partis politi- ques existant en Ukraine, ainsi que des représentants des Zemstvos et des Coopératives. Communique. Effectifs de l'Armée rouge en Ukraine.- 16/IV - 21 Sur la rive droite du Dniper: I) Etat-Major de la Région de Kiev, les Etats-Majors réunis de la I2 et de la I4 armées avec les sections de génie, d'artillerie, d'administration et d'appro visionnement.............. près de 2.000 hommes II) La Brigade 36 " " 3.000 h. III) L'Etat-Major chargé de la distribu- tion des troupes en Ukraine IV) La première brigade de chasseurs I.200 h. V) Le régiment de la III International I.200 h. VI Le I-ère régiment du Travail I.300 h. VII) Le régiment des pauvres I.800 h. VIII) Le bataillon de liaison 700 h. IX) La division des automobiles blindées 9 automob. X) 2 divisions de cavalerie 600 h. XI) La division des tanks 3 tanks XII) L'école des commandants rouges 600 h. XIII) L'Ecole des Aspirants rouges 2.200 h. XIV) L'Ecole des Artilleurs rouges 250 h. XV) L'Ecole des officiers ukrainiens 600 h. XVI) Division d'artillerie I6 canons XVII) Magasins divers XVIII) Les troupes de garnison = 25.000 hommes. Ar- més des fusils de l'ancienne armée russe. Les régi- ments d'infanterie ont l'un et l'autre deux détache- ments de mitrailleuses, chacun de ces détachements ayant I2 mitrailleuses. Les armes sont en bon état, nettoyées et graissées. L'état de la cavalerie est médiocre. Quant au moral, sauf dans les écoles des commandants rouges et dans le régiment International il est très mauvais. La lassitude et le désir de retourner chez soi se signalent partout. - 2 - La division 44 se trouve dans la région de Jitomir " " 25 " " " " " " Jmerinka " " 24 " " " " " " Vinnitsa " " 55 " " " " station Horopil " " 60 " " Proskouriw La division de frontière se trouve " Le brigade de cavalerie de Baïlo " Un régiment d'infanterie " " " Krasilliw " " Kouzmine " " Zapedyntsi " " Czerno-Ostriw " " Tarnoroudka " " Terpylivtsy La division 41 (une brigade seulement: les autres sont démobilisés pour leurs sympathies ukrainiennes se trouve à Rakhnys(station) Le brigade de Bechkiro à Litine - Khmelnik Le division 45 et la brigade de Galicie à Cumané " " " 58 à Korscouno " " " 12 à Bila Tzerkva Un corps de cavalerie à Bila Tzerkva Sur le rive gauche du Dniéper: Le brigade 10 de chasseurs à Czernigow Le régiment 228 d'infanterie à Platykhatho L'Etat-Major de l'armée I-ère de l'arrière à Kharkov Les contingents séparées de cette armée campent dans les départements de Kharkov, de Poltava et de Czernigow Le régiment d'infanterie 5 de réserves à Poltawa Le régiment Ukrainien 2 de réserve à Poltawa Le régiment Ukrainien 6 de réserves à Loubny Un régiment de cavalerie à Krementozouk La division 7 d'infanterie dans la région de Kobiliaki L'armée de Boudienny; l'état-major des division II et III à Katerinoslew La division III est dirigée sur le rive droite (Olexandrie - Elisavet grad) -3- La division IV est dirigée sur la rive droite à Zolotonoche Les soldats sont armés de sabres et lances, et bien équipés. Le moral est mauvais; l'antagonisme entre les moscovites et les ukrainiens est très marqué, surtout dans le division IV. Les divisions I & IV sont formées principalement d'ukrainiens, les divisions II & III de moscovites et de cosaques du Don et du Kouban. Visées du gouvernement des Soviets. D'après les informations reçues, il est évident que les bolcheviks ne croient pas à une paix stable avec la Pologne; ils ne considèrent la paix actuelle que comme un relâche. En ce moment même s'effectue une mobilisation énergique d'hommes, de chevaux, de véhicules; des magasins de vêtements se forment (Olexandriw, st.Konoczivka) Des changements d'emplacement et une forte concentration des troupes en Volhynie et en Podolie sont à signaler. L'armée de cavalerie de Boudenny se déplace par parties du département de Katerinoslaw dans le département de Poltawa. Procédés des autorités d'occupation bolchevistes en Ukraine. Les personnes qui sont récemment arrivées à Tarnow (Galicie) des départements de Kiev et de Volhynie donnent des renseignements sur la situation en Ukraine pendant les mois derniers. Le commerce et l'industrie y sont complètement détruits. Les bolcheviks transportent en Moscovie non seulement les machines et les appareils, mais tout ce qu'ils peuvent emporter, jusqu'aux cloches d'églises. On voit en cela le signe que les bolcheviks ont perdu l'espoir d'affermir jamais leur pouvoir en Ukraine. Tout ce que ces personnes rapportent au sujet de l'organisation administrative et militaire confirme, que dans la campagne les paysans refusent absolument d'obtempérer aux ordres des autorités bolchevistes. A présent on peut parcourir les départements entiers sans qu'on vous demande des pièces d'identité, ce qui était tout à fait impossible auparavant. Le désertion dans les troupes bolchevistes -4- devient de plus en plus fréquente. La mobilisation que le gouvernement bolcheviste avait entreprise en Ukraine n'a point réussi. Les quelques très rares paysans qui se sont présentés ont déserté à la première occasion. Aussi les bolcheviks ne s'appuient-ils que sur les troupes d'occupation moscovites, chinoises, lettones etc.; encore celles ci sont elles très démoralisées: elle se livrent au pillage et aux pogromes; l'antisémitisme s'accroît de plus en plus parmi elles, et il n'est pas étonnant que l'émigration des juifs de l'Ukraine, malgré tous les obstacles de la part des autorités, se poursuit avec plus d'intensité que jamais. Disposition des paysans en Ukraine. La population, étant excédée par des mobilisations et par des réquisitions permanentes et par un régime de terreur, organise des comités d'insurgés dans tous les départements de l'Ukraine. Les paysans ne croient pas qu'une l'aide leur vienne de l'étranger. On signale l'accroissement de la conscience nationale, même parmi les paysans illétrés. La population attend le Gouvernement de la République Démocratique Ukrainienne avec une armée ukrainienne régulière. L'hostilité contre les bolcheviks se manifeste par des actes de représailles sanglantes. Le 12 Mars à la Station Khristinivka on a châtié 28 soldats rouges; le 21 mars dans le district de Czernigow on a massacré 13 soldats rouges qui voulaient obliger les paysans à accepter l'argent bolcheviste. Organisation des insurgés en Ukraine. Depuis ces derniers mois des envoyés des comités d'insurgés arrivent constamment de l'Ukraine auprès de l'Otamen en Chef Simon Petlioura pour prendre contact avec lui et avec le Gouvernement de la République Ukrainienne. Dans une des lettres adressées par les Comités des districts de Kharol et de Zolotonošha (gouv. de Poltawa) à Simon Petlioura il est dit notamment: "Quand les communistes viennent chez nous à le campagne pour faire leur propagande, on leur répond "elles raconter ça à vos moscovites et non pas à nous"; il est dit dans la même lettre -5- dans le même lettre: "nous attendons que vos ordres. Nous avons les hommes et les munitions". L'Ataman en chef Simon Petlioura a reçu récemment une missi- ve d'un groupe organisé de réfugiés ukrainiens en Bulgarie où est ex- primé un désir ardent de prendre part à la lutte décisive contre les envahisseurs moscovites. En même temps ces réfugiés ukrainiens prient l'Ataman en chef de leur donner la possibilité d'entrer dans les rangs des combattants pour la délivrance de l'Ukraine. Des sollicita- tions analogues sont parvenues de plusieurs camps de concentration de prisonniers de guerre ukrainiens tels que ceux de St. Stephano, de Sanjak-Tepé (Turquie) etc. Le mouvement insurrectionnel en Ukraine. Le service de Presse Ukrainien de Lvov communique du 10 Mai ce qui suit Le mouvement insurrectionnel des paysans ukrainiens s'accroit toujours surtout dans les départements de Kherson, de Kiev et de Podo- lie. Dans la région d'Oumane opère la section des insurgés avec l'a- taman Zabolotny Orechtchouk à la tête. L'ataman Zabolotny s'empare du chemin de fer Khristinowka - Vapniarka. Dans les régions de Toukiw - Vychiw, de Teplivka, Pokotylyvka les insurgés attaquent les garnisons bolchevistes; les combats opiniâtres et sanglants y ont lieu. Sur les étendards des insurgés on voit des inscriptions: "pour la liberté de l'Ukraine", "A-bas le gouvernement des commissaires-pillards", "Vive la République Démocratique Ukrainienne". PARIS le 28 Mai 1921 SITUATION en UKRAINE -I- L' Armée Rouge Organisation Générale - L'armée rouge en Ukraine se compose de Moscovites, de Chinois, de Lettons, de Tartares, de Kirghises, de Bachkirs. Quant aux Ukrainiens, il n'y en a que très peu dans ses rangs et encore, ceux-ci sont ils exclusivement des criminels. L'effectif de l'armée se divise en volontaires, en mobilisés et en communistes. Les premiers sont, pour la plupart, des paysans et des ouvriers venus de Moscovie pour échapper à la famine. Les seconds sont enrôlés par force. Quant aux autres, ils ne forment que de 5 à 7% de l'effectif et ils ne remplissent que des fonctions de contrôleurs, de commandants, d'agents des Commissions Extraordinaires ( Tchékas ) etc. Dès les premiers jours de l'occupation, les bolcheviks ont ordonné la mobilisation en Ukraine, mais, personne n'obéit à cet ordre. Les bolcheviks recourent aux répressions les plus atroces: ils fusillèrent, confisquèrent les biens, incendièrent des villages entiers. Mais tout fut vain, et, si l'on réussit à enrôler quelques hommes par force, ces hommes s'évadèrent, se cachèrent et, un à un, passèrent dans les rangs des insurgés. L'armée rouge se divise en troupes du front et en troupes de la garde intérieure. Ces dernières se composent de Chinois, de Lettons, ainsi que de Communistes moscovites. La discipline - actuellement, l'armée rouge est beaucoup mieux organisée qu'elle ne l'était il y a deux ans. La discipline est très sévère. La désertion est punie de la peine capitale; le commandant du régiment a le droit de vie et de mort sur les soldats. L'approvisionnement - Le système d'approvisionnement des -2- villes de garnison est fort simple. On envoie dans les villages des détachements d'approvisionnement qui raflent chez les paysans tout ce qu'ils trouvent. Quant aux troupes qui sont campées dans les villages, elles se logent et se nourrissent directement chez les paysans et, il va sans dire que, loin de se contenter de ce qui leur est nécessaire, les soldats rouges font main basse sur tout ce qui leur tombe sous les yeux. L'équipement des soldats rouges est très mauvais. On voit souvent de ces soldats qui ont les pieds enveloppés de torchons, à défaut de souliers. Les régiments composés de communistes sont un peu moins mal équipés. Armement - Les soldats rouges sont armés de fusils de différents systèmes: fusils japonais pris aux troupes de Koltchak; fusils anglais enlevés aux brigades de Denikine; fusils français provenant de l'armée de Wrangel. Les unités techniques ne sont pourvues que d'une manière tout à fait sommaire des armes, des appareils, des instruments dont elles ont besoin. SITUATION EN UKRAINE L'organisation du pouvoir des Bolcheviks-Moscovites en Ukraine Tout le pouvoir administratif est entre les mains des Comités révolutionnaires qui sont secondés par les Comités militaires. Les places les plus responsables dans cette organisation sont occupées par les Mocovites et par ceux d'entre les Juifs qui ont (MUM) témoigné de leur fidélité aux principes du Parti Communiste. Le trait le plus caractéristique de cette organisation est son centralisme. Chaque organe de l'administration a, à sa disposition, des troupes spéciales qui, grâce à une terreur inouïe, cherchent à forcer la population à exécuter les décrets des autorités. LA POLITIQUE DES SOVIETS EN UKRAINE Fendant les deux premières occupations de l'Ukraine (années 1918 et 1919) le pouvoir des bolcheviks ne s'étendait presque point sur la campagne. Les autorités civiles bolchevistes n'osaint pas même se montrer dans les villages. Mais, dès que le Gouvernement des Soviets pu retirer ses troupes des fronts polonais, ukrainien ainsi que du côté de Wrangel, il les jeta contre "l'ennemi intérieur" contre les paysans ukrainiens. Il forma alors des détachements pénals, mais les paysans s'armèrent et se défendirent contre ces pillards. Alors, les autorités bolcheviks se mirent à organiser, foi-disant, des comités de pouvoirs et les chargèrent de la répartition des tributs. Ces comités furent secondés dans leur besogne par des troupes spéciales. En outre, on prit dans chaque village, des otages qu'on fit exécuter lors de la première tentative des habitants de s'opposer aux autorités bolchevistes locales. Toutefois, ce système ne donna pas non plus les résultats désirés par les bolcheviks moscovites. -2- il ne fit qu'exciter encore plus les insurrections des paysans ukrainiens. Ils essayèrent de duper la population en faisant valoir les principes de l'indépendance de l'Uk- raine, mais, la population comprit bientôt que ce n'était qu'une comédie. Alors, les autorités d'occupation enlevè- rent le masque et changèrent une fois de plus leur tactique. Actuellement, elles persécutent tout ce qui porte la marque ukrainienne; sans aucun scrupule. Les intellectuels ukrai- niens, s'ils ne sont pas exécutés par les Commissions Ex- traordinaires, sont déportés dans les départements éloignés de la L'ossovie. Une personne tout à fait digne de foi, qui vient de s'enfuir d'au delà de Zbroutch pour arriver à Tarnow, donne quelques détails intéressants à ce sujet. En voici quelques uns, les plus caractéristiques: Le Comité Central du Parti Communiste de Russie vient de lancer une circulaire d'après laquelle aucun uk- rainien, et même aucune personne née en Ukraine, n'a le droit d'occuper de postes responsables; ces postes sont ré- servés exclusivement à des personnes originaires de L'osso- vie. En outre, les autorités d'occupation ont commencé à réaliser leur plan de colonisation de l'Ukraine, par des renfortissants de la L'ossovie: paysans et ouvriers norco- vites. Par exemple: les habitants des trois quarts de Kiev sont déplacés pour donner leurs logements aux ouvriers af- fanés de la L'ossovie. Cette politique cependant aboutit aux résultats justement contraires. Elle ne fait qu'exciter les senti- ments nationaux chez les Ukrainiens qui finissent par voir dans chaque nouveau venu de l'ossovie un " indésirable " Aussi, le pouvoir des envahisseurs au lieu de s'affermir s'affaiblit-il de plus en plus, en dépit de la terreur sans borne que les autorités d'occupation pratiquent vis-à-vis de l'Ukraine, à laquelle les insurgés ukrainiens commencent à opposer aussi la terreur. -3- Cette tactique des insurgés ne donne déjà à ressentir aux bolcheviks morocovites ces derniers temps; leurs autorités ne se sentent en sécurité que dans les lieux fortifiés et ne risquent de se montrer à la campagne qu'accompagnées des forces armées ou précédées par les trains blindés. VISEES DU COMMANDEMENT BOLCHEVISTE Le but des bolcheviks est de provoquer la révolution mondiale. Après avoir terminé leurs combats sur les fronts polonais, ukrainien et de Wrangel, ils font en ce moment une pause, à la faveur de quoi, ils organisent leurs arrières. Ils complètent les unités déjà existantes et ils en forment de nouvelles. Pour la cavalerie, ils mobilisent des peuplades d'Asie; des khirguises, des Kalmouks, des Bachkirs et des Tartares du Volga. On doit en déduire que les bolcheviks se préparent pour une nouvelle campagne contre l'Occident. Ils ne le cachent d'ailleurs pas. Dans toutes leurs publications officielles, en parlant ouvertement et, au cours d'une des dernières séances du Comité Exécutif, Trotsky a dit: " ce n'est que par la guerre qu'on peut tenir entre ses mains l'armée et rester au pouvoir " Pendant la parade des troupes, le 1er Mai à Moscou, le même Trotsky dans son discours aux troupes a dit: " Ayez confiance et ténacité de l'esprit révolutionnaire, car la révolution commence seulement maintenant. Je vous assure que le prolétariat russe déjà dans une année fêtera le jour du 1er Mai sur les places de Paris et de Londres." PARIS le 17 Juin 1921 COMMUNIQUE Le mouvement insurrectionnel en Ukraine qui prend des proportions toujours croissantes doit être considéré, non seulement comme une réaction spontanée contre le système communiste imposé par les envahisseurs moscovites, mais aussi comme une vraie guerre de partisans, une guerre d'embuscades dans laquelle chaque homme est animé des mêmes aspirations: délivrer l’Ukraine du joug étranger et conquérir pour elle une indépendance complète. C’est cet élan unanime vers la délivrance qui groupe tous les insurgés en Ukraine, qui fait des corps de partisans séparés un seul front au point de vue politique et national et qui les attache organiquement au Gouvernement et à l’armée de la République Démocratique Ukrainienne: alors même que ces derniers ont dû, sous la pression des forces ennemies, numériquement supérieures, se replier au-delà de Zbroutche. De nombreuses délégations, pétitions et missives des insurgés adressées à l’Ataman en chef: Simon Petlioura, le confirment d’une manière évidente. Nous donnons ci-dessous quelques documents et quelques extraits de documents qui jettent une lumière sur le caractère et l'organisation du mouvement insurrectionnel en Ukraine. T.S.V.P. -2- Extrait de l'exposé de la Commission Militaire Ukrainienne de liquidation en Pologne, présenté au Général Nissel, chef de la Mission Militaire de France en Pologne, le 7 Mars 1921. À l'automne de 1919, l'armée ukrainienne sous la pression des troupes du général Denikine et des bolcheviks moscovites, fut obligée de se replier jusqu'à la frontière polonaise et ne cessa point la lutte complètement organisée, bien que le Gouvernement fût évacué en Pologne. Quatre divisions avec l'Etat Major de l'armée arrivent à pénétrer jusqu'aux départements centraux de l'Ukraine et opèrent durant cinq mois (du 5 Décembre 1919 jusqu'au 5 Mai 1920) sur les arrières de l'ennemi, en même temps qu'elles y organisent les insurrections. Après quoi, ces divisions ayant fait près de 3.000 kilomètres, rejoignirent les unités ukrainiennes qui avaient été organisées en Pologne et occupèrent une partie du front. Les opérations de cette armée sur les arrières des bolcheviques donnèrent aux Polonais la possibilité d'avancer et d'obtenir facilement des résultats considérables. La reprise par l'armée polono-ukrainienne de l'offensive à l'automne de 1920, sur le front sud et le succès accentué de cette offensive furent dus surtout aux opérations des insurgés ukrainiens, lesquels avaient reçu du Haut Commandement l'ordre de détruire les communications et de désorganiser les arrières des bolcheviks moscovites. Ces opérations forcèrent les bolcheviks à transférer leurs bases au delà du Dnipro. L'armée bolcheviste était alors complè -3- tement démoralisée et sur le point d'être anéantie; mais, les pourparlers de prix entamés modifièrent la situation favorablement pour les bolcheviks et, l'armistice qui, en vertu de la convention polono-ukrainienne était obliga- toire aussi pour l'armée ukrainienne, donna aux bolcheviks la possibilité de jeter sur le front ukrainien des unités nouvelles qui étaient alors sous l'impression récente de la conquête sur le front de Crimée. Conformément à la convention concernant l'armistice, les colonels s'étaient retirés au delà de Zbroutch, décou- vrant l'aile gauche de l'armée ukrainienne, celle-ci en rai- son du manque complet de cartouches fut obligée, sous la pression de forces supérieures des bolcheviks, d'évacuer le terrain qu'elle avait conquis et de se replier au delà de Zbroutch. En même temps, le colonel Houly ( ancien com- mandant de la Iôre division Zaporoque ) reçut l'ordre de se faire jour à travers le front des bolcheviks, sur leur arriére, avec un corps composé des unités de toute arme et de donner l'ordre à tous les groupes d'insurgés de passer aux opérations passives et de se mettre énergiquement à l'organisation de l'insurrection fixée pour une date déter- minée. Après du haut commandement ukrainien Pologne, s'or- ganise dans ce but un organe spécial, connu sous le nom " Etat Major des Partisans-Insurgés " avec l'ataman en chef Simon Petlioura en tête et ayant pour chef le général Tutunnik. Cette organisation est absolument secrète et personne n'en a d'informations concrètes, les bolcheviks représentent déjà non activité. Lors de la Conférence de Moscou et, plus tard, à Kiew, on constata que la nouvelle phase du mouvement insurrectionnel méritait l'attention, car les insurrections en Ukraine étaient dirigées par une main invisible, y jouissant d'une grande influence. La nomination du communiste bien connu Podvoïsky, le dirigeant de la répression des insurrections en Ukraine démontre d'une manière encore plus évidente que les bolcheviks redoutent sérieusement cette main. Pour combattre les insurrections, les bolcheviks jettent en Ukraine de grandes forces: la quatorzième armée, certaines parties de la douzième armée (de Boudenny et autres unités considérables. Par tout ce qui a été mentionné ci-dessus, il est permis de se rendre compte que, durant près de quatre ans, le mouvement insurrectionnel en Ukraine attire les grandes forces militaires et politiques et fut, plus d'une fois, la cause de la défaite des armées moscovites en Ukraine. Au bout de quatre ans, non seulement ce mouvement n'est pas affaibli, mais au contraire s'accroît toujours et, par son organisation et sa direction sera la cause de l'écroulement des bolcheviks. Ces derniers temps, les représentants du Kouban, du Don, de la Ruthénie Blanche et du Comité Politique Russe à Varsovie (Mr. B. Savinkoff) ont adressé au Commandement Ukrainien la proposition de l'organisation et de la coordination du mouvement insurrectionnel sur tout le territoire de l'ancienne Russie. A ce moment, l'organisation du mouvement insurrectionnel en Ukraine s'effectue d'après le plan suivant qui a été élaboré -5- par l'Etat Major des Insurgés. I°.- Le centre de l'organisation est l'Etat Major des Insurgés auprès du Haut Commandement Ukrainien. 2°.- Tout le territoire de l'Ukraine est divisé en cinq circonscriptions d'insurrection. L'Etat Major de chacune de chacune de ces circonscriptions dirige les insurgés de 3-5 régions. Les régions sont divisées en sections de régiments et de centuries. Tout le commandement, jusqu'aux centurions, repose exclusivement sur les officiers. L'organisation de chaque sec- tion est pareille à celle d'une division; l'organisation de chaque région à celle d'une brigade etc. Dans les Etats-Ma- jors, travaillent des officiers. Tous les Etats Majors, sauf l'Etat Major des Insurgés auprès du Haut Commandement Ukrainien, se trouvent sur le territoire de l'Ukraine occupé par les bolcheviks moscovites. Ayant pour but la délivrance complète de l'Ukraine de la domination des envahisseurs, l'Etat Major des Insurgés en dehors du travail d'organisation, a donné à ses organes locaux l'ordre concernant la dissolution de l'armée rouge qui se trouve en Ukraine. Jusqu'à présent, on a réussi à placer sur quelques postes de commandement des officiers dévoués à notre cause et de créer, dans l'armée bolcheviste, des organisations na- tionalistes (des organisations tertiares, lettones, de cosa- ques etc...) qui ont des buts pareils aux nôtres. Pour le travail d'organisation en Ukraine, les in- -6- surgés sont pourvus de moyens par le Gouvernement de la République Démocratique Ukrainienne, comme par la population indigène. Les insurgés qui font partie des organisations déjà existantes sont pourvus d'armes, de cartouches, de canons et d'obus, toutefois, comme on prévoit une affluence considérable des insurgés qui arrivent constamment, la provision de munitions dont on dispose actuellement ne suffira pas lors d'une insurrection générale, car, déjà à présent, il serait nécessaire de créer dans certains endroits des bases dans les quelles des provisions considérables de munitions seraient concentrées. En outre, les articles de pansement et les médicaments font grand défaut en Ukraine et les organisations des insurgés en ont un pressant besoin. Alors que les bolcheviks moscovites, pour la réalisation de leurs buts, savent tirer parti du moindre mécontentement du prolétariat du monde entier, en s'efforçant à la fois de l'unifier à la troisième Internationale et falsifier, en vue de profiter du mouvement nationaliste ukrainien, la reconnaissance de l'indépendance de l'Ukraine, en plaçant à la tête de la République Ukrainienne des " soviets " le gouvernement de Rakovsky qui n'est qu'un instrument docile en tre les mains du Conseil des Commissaires de Moscou, alors qu'ils ne comptent pas les dépenses matérielles nécessaires à attirer à eux de grandes masses, les puissances de l'Entente, jusqu'à présent, n'ont pas donné une attention suffisante à l'utilisation du mécontentement du pouvoir bolchevik de la part des masses populaires, sur le territoire de l'ancienne Russie. -7- L'expérience donnée par quatre ans de lutte contre les bolcheviks démontre clairement que le bolchevisme ne mourra pas de sa belle mort, bien au contraire, toute prolongation ne fait que fortifier ceux-ci, en fixant dans la mentalité des masses travailleuses la certitude de la possibilité d'une dictature du prolétariat. Tout délai à ce sujet donne aux meneurs les atouts nécessaire pour l'accomplissement de leur besogne destruct- tive. Tous ceux qui luttent contre les bolcheviks doivent prendre l'initiative et devancer l'activité de leur ennemi. -12- Extraits des pétitions adressées à l'Ataman en chef: Simon Petlioura. - -:-:-:-:-:-:- Nous donnons ici des extraits de quelques unes des nombreuses pétitions qui ne cessent d'arriver à l'a- taman en chef Simon Petlioura, de la part des Comités des Insurgés de l'Ukraine. a) Du procès-verbal du Congrès des représentants des paysans du district de Skvira. ....... " après avoir entendu les comptes rendus de l'atam du corps des insurgés et du Commissaire de la Région, le Congrès des représentants des paysans du district de Skvir a arrêté: de faire connaître aux pays civilisés du monde entier que nous, les paysans de l'Ukraine, reconnaissons -8- tous ceux qui luttent au prix de leur vie, depuis bientôt quatre ans, contre l'ennemi qui nous oppresse, avec l'ataman en chef Simon Petlioura à la tête, comme les vrais fils de l'Ukraine. ....Nous déclarons que nous ne reconnaîtrons aucun gouverne- ment, lors du gouvernement de la République Démocratique Uk- rainienne et que nous aiderons de tous les moyens ceux qui lutteront contre les ennemis, attentant à la souveraineté de notre pays et empêchent le peuple ukrainien de créer la Ré- publique Démocratique Ukrainienne Indépendante. b) du procès verbal du Conseil des Insurgés du Dépar- tement de Volhynie - ........ " après avoir pris connaissance des voeux des paysans qui se déclarent prêts à donner leur aide à ceux qui luttent pour la délivrance de notre patrie, de la domination de tous les étrangers qui veulent violer le droit et les libertés du peuple ukrainien et l'empêcher d'organiser la République Dé- mocratique Ukrainienne, le Conseil a arrêté de prier l'Ataman en chef de porter à la connaissance de la Société des Nations que nous, les insurgés, en tant que les vrais fils de l'Uk- raine, ne reconnaîtrons aucun gouvernement, hors le Gouverne- ment de la République Démocratique Ukrainienne, avec l'ataman en chef Simon Petlioura à la tête et que nous ne déposerons les armes qu'au moment où, sur le territoire de notre patrie, ne restera pas un seul représentant du Gouvernement Moscovite usurpateur. Nous prions, Monsieur l'Ataman en chef, de porter à la -9- connaissance de la Société des Nations que, si la situation pénible de notre pays n'est pas prise en considération, nous déclinons toute responsabilité devant le monde civilisé concernant le sort des étrangers demeurant en Ukraine. o). extrait de la pétition adressée à l'Ataman en chef par les Simon Petlioura/représentants des paysans des départements de Volhynie et de Podolie. Nous, représentants des paysans des départements de Volhynie et de Podolie, réunis le 16 Mars 1921 au Conseil, nous avons prêté le serment devant le Tout-Puissant de nous mettre immédiatement en lutte contre l'ennemi envahisseur : les bolcheviks moscovites, avec le mot d'ordre " Tout le pouvoir en Ukraine, au Gouvernement légitime de la République Démocratique Ukrainienne, avec l'ataman en chef Simon Petlioura à la tête et à la Rada de la République. " Ce même jour, nous avons créé le Centre qui est un organe exécutif chargé de réaliser des aspirations du peuple ukrainien opprimé, les mêmes aspirations qui animent Toi, notre Chef, Toi, Rada de la République. Ce Centre est nommé " Comité Central Populaire des Insurgés Ukrainiens de Volhynie et de Podolie " Il est composé de cinq personnes, à savoir: (les noms suivent) Notre devise: " L'Ukraine libre ou la mort ! domów lokatowanych w sąsiedztwie obserwatorium spe- cyficzego wo- lości zez- niania - chyba nie ma się co dziwić, że samo społeczeństwo zechce poprawić wyprawę stanowiącą pierwszy krok na drodze do urzeczywistnienia idei Narodowego Obserwatorium. Dyrekcja Obserwatorium krakowskiego podaje do wiadomości, iż ofiary na ten cel składane być mogą za pośrednic twem wszystkich urzędów pocztowych w Polsce, oraz wpłatać na specjalnie do tego przeznaczone kon- to Nr 149.550 (Obserwatorium Astronomiczne Uniwersytetu Jagiellońskiego). DALSZE CEGIELKI WAWELSKIE ufundowali: 873-tą Kuracjejsze pensjonatu drowe Zarzyckiej w Krynicy w lipcu 1921, 874-tą Firma Fr Lenert w Zakopanem, 875-ta Czesław i Maria hr Pruszyński z ustmyt na Wołyniu, 876-tą Andrzej i Klementyna Pruszczyccy z Pustomyt, 877-ma Piotr hr Pru- wiski z Pustomyt, 878-ma Aniela hr Pruszyński z stemyt, 879-tą Zarząd dóbr Pustomych: K. Mal- wski, K. Makarewicz, A. Frejndorf, St. Zwierznai i 880-tą Dowództwo obozu internowanych Nr 1 w Oliu.- wpłacając po 30.000 marek za cegielkę. ZIÓRKI ULICZNE. Magistrat zezwolił Stowarzysze- niu Pracy Narodowej Kobiet Polskich w Krakowie na urządzenie zbliżki ulicznej w dniu 8 km. na / Zakładu dla siorót, oraz Zarządowi Kolonij Tacyjnych państwowego gimnazjum żeńskiego w meteorologiczne i astronomiczne. Przedmiotem do- strzeżeń mają być przedwesztykimi: z elementów meteorologicznych - siła wiatru, stopień zachmurzenia, wilgotność i temperatura. Ze specjalnych zaś badań astronomicznych czynione będą wyznaczenia przestrzeńności powietrza, czarności nieba, oraz do- strzeżenie nad dobrą obrazów. Na Lysinie kontynuowane będą zresztą i normalne spostrzeżenia Obserwatorium krakowskiego, a więc obserwacje gwiazd, zmieniających swoją jasność oraz zakryć gwiazd przez księżyce. Kontakt z Obserwato- rium w miesiącu będzie mógł być utrzymywany zapo- mocą telegramu świetlnego, dzięki temu, że Lysinę widząc z Krakowa; dokładną godzinę dostarczy radjo. Wyprawa powyższa jest subwencjonowana przez wydział nauki ministerstwa oświaty, ale, by nie przysparzać wydatków państwa, Obserwatorium kra- kowskie zwróciło się o drobną tylko sumę; to też chociaż przyznano ona została w całości, wystarczy na pierwsze tylko stadia bytowania stacji. W na- dzieli, że samo społeczeństwo zechce poprawić wyprawę stanowiącą pierwszy krok na drodze do urzeczywistnienia idei Narodowego Obserwatorium. Dyrekcja Obserwatorium krakowskiego podaje do wiadomości, iż ofiary na ten cel składane być mogą za pośrednic twem wszystkich urzędów pocztowych w Polsce, oraz wpłatać na specjalnie do tego przeznaczone kon- to Nr 149.550 (Obserwatorium Astronomiczne Uniwersytetu Jagiellońskiego). DALSZE CEGIELKI WAWELSKIE ufundowali: 873-tą Kuracjejsze pensjonatu drowe Zarzyckiej w Krynicy w lipcu 1921, 874-tą Firma Fr Lenert w Zakopanem, 875-ta Czesław i Maria hr Pruszyński z ustmyt na Wołyniu, 876-tą Andrzej i Klementyna Pruszczyccy z Pustomyt, 877-ma Piotr hr Pru- wiski z Pustomyt, 878-ma Aniela hr Pruszyński z stemyt, 879-tą Zarząd dóbr Pustomych: K. Mal- wski, K. Makarewicz, A. Frejndorf, St. Zwierznai i 880-tą Dowództwo obozu internowanych Nr 1 w Oliu.- wpłacając po 30.000 marek za cegielkę. ZIÓRKI ULICZNE. Magistrat zezwolił Stowarzysze- niu Pracy Narodowej Kobiet Polskich w Krakowie na urządzenie zbliżki ulicznej w dniu 8 km. na / Zakładu dla siorót, oraz Zarządowi Kolonij Tacyjnych państwowego gimnazjum żeńskiego w cznie usmie przykre bardzo objawy wstrzymywania nauki w szkołach, tak potrzebnych dla kształcenia zawodowego rekodzielników i że nauka będzie mogła się rozpoznać w dniach najbliższych, jeszcze w po- niedziałek 10 bm. STRAJK POMOCNIKÓW APTEKARSKICH trwa w dalszym ciągu. Posiedzenie czwartkowe nie dało pozytywnego rezultatu. Właściwie aptek zgłosiły się na podwyżkę 75% od dnia 20 sierpnia, tj. mniej więcej do czasu ogłoszenia dotychczasowej taksy, a z chwilą wydania przez ministerstwo nowej taryfy zgłosili się podnieść podwyżkę tę do 100%. Pracownicy aptekar- scy nie przyjęli tych warunków, żądając podwyżki 100% od dnia 20 sierpnia, wobec czego pracę w apte- kach kontynuują sami aptekarze. LISTONOSZE KRAKOWSKIE skarżą się nam, że stan ich służbowych ubrań i obuwia jest godny po- żałowania. Wobec zbliżających się deszczów jesien- nych, a następnej zimy, listonosze zwracają się ze naszym pośrednictwem do krakowskiej Dyrekcji poczty z prośbą o zaopatrzenie ich w ubrania i obuwie. NAPRAWY APARATÓW TELEFONICZNYCH. Ze względu na zasze wy padrki psucia aparatów przez o- soby niepowołane, dyrekcja poczt i telegrafów zwraca uwagę, że wszyscy funkcjonariusze techniczni, u- prawnieni do naprawiania aparatur telefonichnych są zaopatrzeni w odpowiednie legitymacje, które obo- wiązani sa na żądanie przedstawić. Za szkody wynikłe z dopuszczenia do naprawy aparatów osób do te- go nieuprawnionych, odpowiada wyłącznie abonent. W SPRAWIE ŚCIĄGANIA PODATKÓW. Z War- szawy komunikacja: Minister skarbu uprasza, aby w sprawie wymiaru i ściągania podatków nie zwraca- no się do niego listownie, lecz kierować te sprawy na właściwą drogę. KRAĐZIE W WAGONIE. P. Jan Potocki z Ryma- nowa, jadąc onegdaj pociągiem z Warszawy do Kra- kowa, został chłodniony w wagonie pierwszej klasy w sposób bardzo charakterystyczny. Mianowicie do wagonu weszła jakaś nieznajoma pani, która usiadła, położywszy obok coś pod własnym kapeluszem. Kwotę osoby, jadące w tym przedziale, zasłony. Obudziwszy się po pewnym czasie p. Potocki spo- strzegł, że ma pokrajane kompletnie ubranie, zaaw- żył brak portfela oraz walizy, w której mieściła sie zasądzony on został na szesze miesięcy więzienia areszt siedzącego. Zastępujący podprokurator Sywulak zgłosił odwołanie i wymiaru kary. Po naradzie senat uwględ- lanie, zniósł wyrok pierwszej instancji i zasądzony bezrannia na cztery lata ciężkiego więzienia. Cześć senat zniósł też odroczenie kary i razytchmiastowe aresztowanie Liebermana. POŻEGNANIE DYREKTORA GIMNAZJALI Z Przemysłu piszą dnia 28 za. oznajmują p. Franciszek Ksaw. Kuś, dyrektor gimnaz- kierowań V na Zasaniu, udając się do Krakow uradziła młodzież gimnazjalną, grono i bardzo wiele rodziców młodzieży gimna- czyste pożegnanie. Przy tej sposobności złożył dzieci szkolne 16.000 mk. na cel według jego WIELKI POŻAR W ZAKOPANEM. Z Zakopane- donoszą 6 bm.: We środę po południu powstał dwupiętrowej willi „Janina” przy ul. Zamojskiej własności p. Krzysztofowiczowej pozor, który szczyl kompletne wilie. Z wielkim trudem zdotan uratować sąsiednie domy, z których wyniesiono wszystkie rzeczy. Szkoła wynosi kilkazosiel mi- nów. Bardzo wielu pensjonariuszów zostało ty- ubraniach. Katastrofa ta wywarła wśród kura olbrzymie wrażenie. ARESZTOWANIE SŁYNNNEGO CHIRURGA Wiedzia donoszą: Obradujący tu zjazd otrzymał telegram, zawiadaniający, że czer- ka aresztowania z powodów politycznych si- chirurga rosyjskiego, Teodorowa. Teodorow pra- podobnie skazany będzie na śmierć. EKSPLOZJA REZERWOWARÓW Z GAZEM. W Sal Lazare we Francji nastąpiła eksplozja rezerwowa- gazem. Pożar spowodowany wybuchem, poczyn brzmie szkody. W TUNELU BATIGNOLLES odkopano po ka- fii kolejowej dalszych 26 zwłok. JEROZOLIMA-BAGDAD. Lotnik angielski dokonał lotu między Jerozolimą a Bagdadem inistrów. aków, 8 października. zapowiedział redukcję onegad uchwała Ko- owej, poszła po linji tej tej redukcji koniecznej łość polskiej biurokracji elkia dopuszczalne gra- ncuskiego z roku 1921, francji wynosi 14, w tem i manymarki. My tych e nie posiadam. U nas powinna wynosić 12 jest we Francji pię- o. r. Komisja finansowa zredukowała uchwalony słów budżet o 1400 mil- yła liczbę ministrów do . W tym stosunku Pol- e 10 ministrów. Poza tawę o osobistej odpo- za przekroczenie przy- jest 10, na Węgrzech ch jest ministerstw 14, asortów, które w Polsce cje w zakresie polskiej, 10 ministrów. ny 16 ministerstw i dwa ura- ulrzymują jeszcze 1,250.000 osób cywilnych, które nie przyczyniają się do podniesienia pro- dukcji społecznej ,ale ciążą na państwie tytu- tem kosztów jego administracji. Rozpatrując te cyfry, dochodzi autor pseudo- donimowy w »Gazecie Bankowej« do następu- jącego słusznego wniosku: »Całą budowę państwa rozpięliśmy szerzej, niż na to nas stać, niż tego zachodzi istotna po- trzeba. Nasza administracja w swojej konstruk- cji, to jest zasadniczem założeniu, liczbie pra- cowników, nie mówiąc o ich jakości, urządzoną została tak, jak gdybyśmy liczyli 100, czy 150 — raczej 200 miljonów ludności bardzo bo- gatej, która nie potrzebuje odbudowywać zni- szczonych przez wojnę warsztatów, nie prowa- dzi żadnej wojny, nie ma utrzymywać pogoło- wia wojennego, nie ma tworzyć państwa od fundamentów, składa się z jednostek ogromnie majątnych i to z przewagą zawodów przemy- Byli i tacy, co zapewniali, że ni liczne zniesienie ministerium pracy: miałby się stać częścią dktadlowa jed niskiemów akcjonowych. Szybka likwi sterjum aprobizacji zdaje się być p na. Wskazuje na to fakt, że ministe wewnętrznych w porozumieniu z m zacje, zdecydowały, iż komisarze ap przy magistratach przechołdza pod cje min. spraw. wewnątrznych. JEDEN PODSEKRETARZ SK Warszawa, 7 października (PAT) przez dzienmikli wiadomość, jakoby byłego podsekretarza stanu dwa W ulanowany został nowy podsekret steriwtwie skambu, jest bezpodstaw stensiwie skambu jest bowiem tylko sekratarz skarbu p. Bolesław Mar o- Projekt ustawy naprawy gospodarki państw Warszawa, 8 października (Tel. wł.) Minister skarbu wniósł wczoraj do łaski marzałkowskiej projekt ustawy o środkach naprawy państwo- wej gospodarki finansowej. Projekt ten przewiduje, że Sejm upoważni Rady ministrów do przeprowadzenia na wnio- sek ministra skarbu względnie właściwego mi- nistra w porozumieniu z ministrem skarbu zmian w organizacji władz i urzędów tak cy- wilnych jak wojskowych, nie wyłączając mini- każdorazowej ceny przeciętnej w scoowości za majątek w całości. Ustawę w przedmiocie wewnętrzn sowej pożywki państwowej wraz z niem wł. konawczem uchyla się. W żyeczki przynusowej ustaniarwika się daninę narodową, którą okmeśli wa. Przy ministrze skarbu tworzy nansową jako organ dlonadlodyz. Sł z 6 członków, wybranych przez S Znala się ministra skarbu do zawierania wnętrznych jak i zagranicznych umów, zających do uzdrowienia waluty. Inicjacja żąda przyjęcia projektu Hymansa. Warszawa, 8 października (Tel. wł.) Poseł amicki p Panafieu przesłał notę do rządu polskiego, domagającą się przyjęcia projektu Hymansa, dotyczącego Wilna. Rząd polski udzielił kategorycznej odpowiedzi odmownej. Delegacja sejmowa w Wilnie. Warszawa, 8 października (Tel. wł.) Dziś o godz. 5 popołudniu wyjeżdża delegacja sejmowa do Wilna na uroczystości, związane z uwolnieniem tego miasta od bolszewików. Wybiera się także gromo dziennikarzy. Delegacja urzędnicza u ministra skarbu. Warszawa, 8 października (Tel. wł.) Wieczorem do ministra skarbu zgłosiła się delegacja zrzeszeń urzędniczych i przekazała mu memorjał, w którym postawiono następujące żądanie: Podwyższenie mnożnika do 2500. Niezwłoczne wypłacenie zapomogi dla kawalerów i pań 20 tysięcy marek, dla żony 10 tysięcy i po 5 tysięcy dla każdego dziecka. Przyjaźń litewsko-łotewska. Ryga, 6 października (PAT). Pismo »Rigas Balsze« wzywa do zjednoczenia się narodu łotewskiego i litewskiego. Pismo podaje, że wkrótce będzie zniesiona łotewsko-litewska granica celna, będzie zawarta konwencja wojskowa i unifikacja waluty. Pomoc dla Rosji. Bruksela, 7 października (PAT). Na konferencji międzynarodowej w Brukseli, która odbyła się 6 października 1921 roku, przedstawiciel Polski złożył propozycję o pomoc dla Rosji. niowej. Aby rozpatrzyć się w położeniu, wytworzo- nem obowiązującą obecnie ustawą o ochronie lokatorów, cofnijmy się myślą wstecz do po- czątków ustawowej ochrony lokatorów. Czasy to odległe i zupełnie od dzisiejszych, odmienne. Do Wiednia napłynęła ogromna fa- la przybyszów bogatych, po największej czę- ści z Galicji, popyt za mieszkaniami przewyż- szył podaż, właściciele domów czynszowych w Wiedniu zaczęli gromadnie wypowiadać umowy najmu swoim najemcom w tym celu, aby mieszkania za czynszami znacznie wyżej- mi odstępować przybyszom. Najemcy zagroże- ni, musieli się godzić na znaczne podwyżki czynszów. Podwyżki te były rzeczywiste, t. zn. wyższe aniżeli nieznaczna zresztą jeszcze wówczas dewaluacja korony. Licytacja na mie- szkania śrubowała czynsze do znacznej wyso- kości i ona to skłoniła rząd austriacki do wy- dania rozporządzenia obowiązującego tylko w Wiedniu. Ochrona ta została następnie z sa- mym początkiem 1917 r. rozciągnięta na Gali- cję. Obowiązująca więc ustawa polska nie jest nowością na polu ochrony lokatorów, zawiera jednak szereg postanowień odmiennych. Nas obchodzi stanowisko obu ustaw w kwe- stji czynszów najmu. Ustawa austriacka roz- różniała dwa typy przedmiotów najmu: wię- ksze — powyżej, mniejsze — poniżej pewnej granicy czynszowej. Od mniejszych dopuszcz- ła podwyżki czynszu dla pokrycia zwiększonych regularnych wydatków: na utrzymanie i zarząd, zwiększoneych danin publicznych, pod- wyższenie stopy procentowej od długów hipotecznych; od większych — dopuszczala dalszą jeszcze podwyżkę w sumie „która jest odpo- mieszkan. Lokatorzy zatrūmić A teraz skutki ustawy. Zawiedzione że strony wła nadzieje wznieciły ich antago rów. Wroga wprost postawa, coraz bardziej w miarę dewalu dzie zaczęły się rozgrywać so dobitnie, jak potężnie rozgorz leczone. Z jednej strony kamier się procesem awizacyjnym p największego wroga — lokato bec niego, a tylko potokiem wylewający, z drugiej lokator, ustawę, więc z olimpijskim sp cy kamienicznikowi ustawow. mornego. I stała się sala ro widownią scen gorszących: p wne, pogroźki, złorzeczeni adresem lokatora, ale — o zgr sem sędziego, Sejmu, Rządu, wtarzać coraz częściej. Strony ga nieraz zrozumieć, że sędzi konawcą ustawy, że choć z ni stosować ją musi. W tych war kowanie dziś już w najwyższy kre dla sędziego, stanie się 4 nieznaczne. Że zaś przez taki władzy państwowej doznaje ; żenia, zbyteczne podnosc! Dr Dziennikarze ang w Krakowie Kraków, o HOTEL „BRISTOL” W TARNOWIE Włodzimierz Lewicki Pokój Nr. 20 Mk. f. Mk. f. 315 2208 491 2646 PORTIER HOTELU BRISTOL w TARNOWIE HOTEL „BRISTOL“ W TARNOWIE Pokój Nr. 20 3/5 8 dni w 20% pod zmiennym Pazpom Mk. f. 315 2520 504 3024 HOTEL „BRISTOL“ W TARNOWIE Pokój Nr. 18 8 czerwca 20% pod guiną Mk. f. 220 1260 357 2117 FORTEP HOTELU BRISTOL W TARNOWIE. 1673-20. J. PIBZ, TARNOW HOTEL „BRISTOL“ W TARNOWIE Pokój Nr. 19 1/10 8 dm Mk. f Mk. f. 8/10 20% podgminy 440 3520 704 4224 cortorone Bumbiow 1673-20, J. PISZ, TARNOW. HOTEL „BRISTOL“ W TARNOWIE Pokój Nr. 19 9/10 8 dm Mk. f 440 Mk. f. 16/10 2,040 pod guminy 3520 roktem 504 4224 Kowalski 2.4/19 78 POCZTER 1675-20. J. PISZ, TARNÓW. HOTEL „BRISTOL“ W TARNOWIE Pokój Nr. 19 Mk. f M k. f. 440 3520 2090 pod gminny 204 roblem 4224 8/10 34/10 Piotrowski 24/10 PORTER HOTEL „BRISTOL“ W TARNOWIE HOTEL „BRISTOL“ W TARNOWIE Pokój Nr. 19 Mk. f | Mk. f. ---|--- 440 | 3080 616 | 3696 | 25/10 31/10 z dwu (w) 20% pod zwa. rarem Tarnów 27/10 FORTIER HOTEL BRISTOL 1673-20, J. PISZ, TARNOW. HOTEL „BRISTOL“ W TARNOWIE Pokój Nr. 20 8 dni po 3/6 2520 20% pod grzywną 504 Razem 3024 1673-20. J. PIBZ, TARNOW. 96 1 Srothů do zamiastanie 89 1/4 30 1 Srothů očernu 60 26/II 895. Ojot sramněm J. Dambner Zaptaovno 45, 27 30, 00 25, 27 41, 23 JÓZefa DAUBNER Pracownia i skład wszelkiego rodzaju Szczotek przy ulicy Sobieskiego liczba 10 WE LWOWIE WPań Profesor J. Szendryk Lwów Plac Św. Jura 5 Archiwum Nadawca: Andrzej Kuydanowski' Brzesc/13 3-go Maja 35. polecony 100 STAROSTWO W TARNOWIE LEGITYMACJA W Pan Simon Połtawczenko, profesor Uniwersytetu, jest upoważniony do jednorazowego przejazdu automobilem Nr. 77/82. z Tarnowa do Krakowa i z powrotem. Prośba o udzielenie Numeru dla automobilu powyższego została wnesiona do Starostwa i zostanie w najbliższych dniach załatwiona. Tarnów, dnia 24. grudnia 1920.- Radca Namiesznictwa i Kierownik Starostwa mr. Mijer UKRAINISCHE VOLKSREPUBLIC Präsident des Direktoriums und Oberataman. GENERALVOLLMACHT. Herrn ausserordentlichen Gesandten und bevollmächtigten Minister der Ukrainischen Volksrepublik Nikolaj von Wassilko derzeit Berlin NW.40. Kronprinzen-Ufer 10. Das Bundesministerium für Finanzen der Republik Oesterreich hat an die Direktion des Schulbücher-Verlages in Wien zur Zahl 78486 am 18.Oktober 1921 einen Erlass gerichtet, auf den sich das Schreiben des Schulbücher-Verlages an die Pädagogische Mission der Ukrainischen Volksrepublik in Wien Zahl 164/21 vom 17.November ds.Js. bezieht. Sie werden, Herr Minister, hiermit ausdrücklich ermächtigt, in allen in diesem Schreiben (vom 18.Oktober ds.Js. Zahl 78486) bezogenen Belangen, namens des mir unterstehenden Ministeriums, mit dem Schulbücher-Verlag resp. mit dem Bundesministerium der Finanzen in Wien zu verhandeln und die notwendigen Abmachungen, nach Ihrem Gutdünken, zu treffen und werden hiermit die von Ihnen bei solchen Vereinbarungen zu übernehmenden Verpflichtungen im vorhinein als rechtsverbindlich für das mir unterstehende Ministerium und die Regierung der Ukraini- nischen Volksrepublik anerkannt. Ebenso sind Sie hiermit ausdrücklich ermächtigt, Gelder für die Zwecke der Pädagogischen Mission einzukassie- ren und für die Regierung der U.V.R. rechtsverbindlich zu quittieren. Durch vorliegende Generalvollmacht in dieser Angele- genheit namens der Regierung der U.V.R. allein und rechtsver- bindlich für dieselbe zu agieren, wird auch ausdrücklich die Pädagogische Mission der Ukrainischen Volksrepublik in Wien in allen, von ihr bisher geführten, Agenden Ihnen, Herr Minister, unterstellt und gelten alle von Ihnen, Herr Minister von nun ab in Sachen der Pädagogischen Mission - nach welcher Richtung immer - zu treffenden Verfügungen, als namens des mir unterstehenden Ministeriums gegeben und ist die Pädagogi- sche Mission gehalten, Ihren Aufträgen vorbehaltlos Folge zu leisten. Der Präsident des Direktoriums und Oberataman: Der Minister des Äusseren: Der Ministerpräsident: Der Finanzminis MINISTERPRÄSIDENT der UKRAINISCHEN VOLKSREPUBLIK ABSCHRIFT in ÜBERSETZUNG. BEVOLLMACHTIGUNGSURKUNDE. Der, am 9. und 12. Februar 1918 in Brest-Litowsk ge- schlossene Friedens- und Zusatzvertrag zwischen der K.u.K. Oesterreichisch-Ungarischen Monarchie, dem Kaiserreiche von Deutschland, dem Königreiche von Bulgarien und dem Kaiserreiche von Türkei einerseits und der Ukrainischen Volksrepublik andererseits wurde von der Ukrainischen Zentralrada in der historischen Sitzung vom 17. März 1918 bestätigt und ratifiziert. Die Ziele der Bestätigung der gegenseitigen friedli- chen und freundschaftlichen Verhältnisse verfolgend, beab- sichtigt die Regierung der Ukrainischen Volksrepublik den letzten Verordnungen des Friedensvertrages gemäss, dem schon begonnenen gemeinsamen friedlichen Leben zwischen der K.u.K. Oesterreichisch-Ungarischen Monarchie und der Ukrainischen Volksrepublik, durch einen feierlichen Aus- tausch der ratifizierten Schreiben noch eine juristische Kraft zu geben. Darum wird auf das Mitglied der Ukrainischen Zentralrae da und zeitweiligen Repräsentanten der Ukrainischen Volks- republik bei der K. u. K. Regierung der Oesterreichisch- Ungarischen Monarchie, Herrn Andreas Jakowliw, von dem Mi- nisterrate der Ukrainischen Volksrepublik hiermit die grosse Ehre auferlegt,- die Ratifikationsurkunde der Ukrainischen Zentralrada einzuhändigen und eine gleiche Urkunde von der K.u.K. K.u.K. Regierung der Oesterreichisch-Ungarischen Monarchie zu empfangen, sowie auch im Namen der Ukrainischen Volksre- publik ein entsprechendes Protokoll zusammenzustellen und es zu unterfertigen. Ministerpräsident: Holubowitsch. Leiter des Ministeriums des Aeussere: Lubinskyj. Mit dem Originale gleichlautend Departementsdirektor: Do Ukraińskiego Centralnego Komitetu w Rzeczypospolitej Polskiej Oddział w Tarnowie Profesora J. Poltawerenka Wyjeżdżając z Tarnowa i pragnąc przyjść z pomocą Dobroczynnej dla moich rodaków akcji Komitetu Ukraińskiego, daruję na własność Oddziału w Tarnowie moje auto osobowe systemy "Poccard" Nr. mot. 4418 i proszę Oddział w projekcie tego auto wydać mi pozwitowanie z szacunkiem Poltawerenko J. 26 Listopada 1921 r. w Tarnowie. Oddział Ukraińskiego Centralnego Komitetu we Farnowie niniejszym kwituje, iż dobroczyńcze ofiaryowany p. Profesorem J. Poltawerenkiem auto osobowe systemy "Poccard" Nr. mot. 4418 pol. 1158 kr. poratował odebrany. 26 listopada 1921 roku H. Kupenko Sawojko Kierownik Oddziału Ukraińskiego Centralnego Komitetu w Farnowie. Ukraiński Centralny Komitet w Polsce! Oddział w Tarnowie Bildil w Tarnovi Stwierdzam, że osobiście mi nieznany pan Szymon Pottawczanko profesor gimn. uchodźca Ukraiński chwilowo w Tarnowie przebywający, którego tożsamość osoby stwierdzili znani mi osobiście świadkowie: pp. Władysław Mossor adwo- kat w Tarnowie i Józef Czerwiński agronom uchodźca chwilowo w Tarnowie przebywający, pismo to wobec mnie własnoręcznie podpisał. Tarnów, dnia dwudziestego szóstego listopada roku tysiąc dziewięćset dwudziestego pierwszego. ( : 26.XI.1921.:). Władysław Krasicki Notariusz w Tarnowie До Гана Кірчого Вправами Дирекції Караванника Відділу Візіара Смоків ранарі Гадаючи при цьому фактику на перекази з власних посвідчень виїзда по сучасному вигляді. Оскільки до Варшави з 5 по 9 цього місяця на суму 180000, мало за всіх урочистих повірених. закладені суми з коштів дір. мали Скардичи: 14 квітня 1927 р. Візіар Садовий Караванник Відділу Дирекції УКРАЇНСЬКИЙ ЦЕНТРАЛЬНИЙ КОМІТЕТ В РІЧІ ПОСПОЛІТІЙ ПОЛЬСЬКІЙ ВІДДІЛ В ТАРНОВІ. UKRAINSKI CENTRALNY KOMITET W RZECZYPOSPOLITEJ POLSKIEJ ODDZIAŁ W TARNOWIE. Nr. 2982 "30" Listopada 1921. Tarnów. Ukrainski Centralny Komitet w Rzeczypospolitej Polskiej oddział w Tarnowie, nadsyła przyjęte dokumenty w sprawie dwt. łaskawie upratto się przekształce na Ukrainski Centralny Komitet w Rzeczypospolitej Polskiej Oddział w Tarnowie. Dodatek: dokumenty pod ws 1158, 1160 Oddział w Tarnowie Sekretarz Zybenczo Referent Łochninowy Chermennyj. DEKLARACYA o posiadaniu samochodów i ich części składowych. - Imię i nazwisko ...................................................Mikołaj Mironowicz adwokat - zamieszkałego /dokładny adres/ ..............................Tarnów, Hotel Bristol, nr 33 Oświadczam, że posiadam 1. Samochód, znajdujący się /adres/ ......................... Tarnów, Hotel Bristol Firma samochodu ................................................... "Mercedes" Rodzaj samochodu /osobowy ciężarowy/ ............... osobowy Ilość miejsc lub siła hołna w kgr. przy ciężarowych ... 6 Typ karoserii ........................................................... Nr. motoru ................................................................ III. Opony i kierowniki. I. Opony / gładkie, z ochroniącami - 50 l. Opony gładkie - 101. podtrawianie 5 II. Kierunki - 5 ... III. .../opony pełnej/ Podpisem swoim stwierdzam szczerość i prawdziwość podanych powyżej szczegółów : Data .6 Stycznia 1924 r. Zaświadczenie Komisarza Rządowego o zaniedowaniu / Data pieczęć podpi/ .../dowodzenia i dojrzywego / .../ ... Jedynowo Zby stycznia 1924 r. Radca Namiestnictwa Kierownik Starostwa: mr. Mys Art. IV. Rozporządzenie Ministra Spraw Wewnętrznych w sprawie składania deklaracji o posiadaniu samochodów ich części składowych : ... Obywatele uchylenia się od obowiązku świadczeń wojskowych lub niezło- żenia powyższej deklaracji lub złożenia deklaracji ze stanem faktycznym niezgodnej, przez konfiskaty przedmiotów, podlegających obowiązkowemu świadczeniu będą ukarane w myśl art.15.Ust.o rzecz.świadcz.woj.przez wiedzę administracyjne karą aresztu lub 1-go roku lub grzywną do wy- sokości marek polskich 100.000.- Kary będą stosowane nie mniejsze niż dziej i ciokotna wartość niezameldowanego przedmiotu... DEKLARACYA o posiadaniu samochodów i ich części składowych. Imię i nazwisko ................................................... Szymon Potworowski profesor zamieszkującego /dokładny adres/.............................. Farnost Hotel Bristol w/w M Oświadczam, że posiadam 1/.samochód: najmniejsza siła (adres) ......................... Farnost Hotel Bristol Firma samochoru .................................................... "Pochard" Rodzaj samochodu (sieroty) .............................. osobowy Siła nośna w kgr. przy ciężarowych ....................... 6 Typ karoserii ..................................................... Nr. motora ......................................................... 741820 Ilość cylindrów ................................................... 6 Wymiary cylindra: .............................................. 110 x 110 38-60 Siła zużycia w K.M. ............................................... 930/5k Marka magneto lub dynamo ..................................... Nr. podwozia /chassis/ .......................................... Rodzaj koź (metalowe) i wyjazd ......................... drewniane 990 x 100 Oświadczenie ...................................................... Płatywne Nr. policyjny .......................................................... Wysegregowanie części popartych i brakujących ........... Uwagi ................................................................ III. Opony i tarcie opony ( - z ochronienia) klocki 10 nawy opony pełne) Podpisem swoim stwierdzam założenie i prawdziwość podanych powyżej stwierdzeń. Data 2. stycznia, 1924 r. Zgadzam się z art. 37a stycznia 1921 r. Powyższe Stawiam Radca Namiestnictwa Kierownik Statostwa: Mmjp art. IV. Przeprowadzenie ministra przez Konstytucyjnych w sprawie obłędów deklaracji o położeniu samochodów ich części szkodowych. Osoby winne uchylenia się od obowiązku świadczeń wojskowych lub ulokowania powyższej deklaracji lub znaczenia deklaracji w stanie faktycznym niezgodnej, proces konfiskaty przedmiotów, podlegających obowiązkowi wykładania będą ukarane w myśl art. 16 Ust. o rzecz. swiadectw. przez władzę administracyjne kara aresztu do 1-go roku lub grzywną do wysokości marek polskich 100.000.- Kary będą stosowane nie należy nie dziesięciokrotna wartość nieszczelnego przedmiotu. ЦЕНТРАЛЬНИЙ ДЕРЖАВНИЙ АРХІВ ЖОВТНЕВОЇ РЕВОЛЮЦІЇ, ВИЩИХ ОРГАНІВ ДЕРЖАВНОЇ ВЛАДИ І ОРГАНІВ ДЕРЖАВНОГО УПРАВЛІННЯ УКРАЇНСЬКОЇ РСР В даній справі № 168 Фонду № 1429 Опису № 2 Пронумеровано 110 (сім десятків) + 76 = 114 сч. аркушів (цифрами і прописом) з них літерні №№ пропущені №№ Вкладення Брошури, газети: Графічні матеріали: Інші особливості документів Документи із згасаючим текстом: . 04. 01 1981 р. Підпис -9 ПІДГОТОВКА СПРАВИ ДО МІКРОФІЛЬМУВАННЯ (що зроблено і вказівки оператору) м.89, 100 - м/р по розборам " " 19 р. Підпис СПРАВУ ПЕРЕВІРЕНО: Під час видачі підпис, дата повернення підпис, дата Під час видачі підпис, дата повернення підпис, дата 12.01.03 Тидов. ке сканв. Вз ВІДМІТКИ ЛАБОРАТОРІЇ Консервація: Справа: Мікрофільмування: (Дата) (Підпис) (Дата) (Підпис) 14.04.91 р. сканування Дата (Підпис) 3.03.09 Суб